Israël: l’opposition dénonce une offensive contre les contre-pouvoirs

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Une offensive législative menée à grande vitesse

En Israël, la coalition de droite et d’extrême droite multiplie les textes sensibles avant la dissolution du Parlement et les élections prévues le 27 octobre 2026. Cette stratégie s’inscrit dans un climat de forte tension politique, alors que l’opposition et plusieurs ONG dénoncent une volonté de consolider le pouvoir exécutif au détriment des contre-pouvoirs. Parmi les mesures les plus contestées figurent une loi qui élève l’étude de la Torah au rang de « valeur fondamentale » de l’État et un texte qui réduit l’autorité du procureur général.

Le procureur général fragilisé, l’État de droit interrogé

Raluca Ganea, directrice du mouvement citoyen israélien Zazim, estime que cette réforme traduit une remise en cause directe de l’équilibre institutionnel. Selon elle, le gouvernement affirme ne pas être tenu de respecter ni les décisions de la Cour suprême, ni les avis du procureur général. Dans cette lecture, l’exécutif se place au-dessus de la loi, ce qui affaiblit la séparation des pouvoirs et alimente les craintes d’un glissement autoritaire.

  • Objectif contesté : limiter l’influence des contre-pouvoirs judiciaires.
  • Effet redouté : donner au gouvernement une marge d’action quasi illimitée.
  • Enjeu démocratique : préserver l’indépendance de la justice et des institutions.

Des élections sous haute tension politique

La défenseure de la démocratie avertit aussi que ces textes peuvent peser sur le déroulement du scrutin. Selon elle, ils ouvrent la voie à des pressions sur les électeurs et à une contestation des résultats si ceux-ci ne conviennent pas à la coalition. L’idée d’une élection « inéquitable » pourrait être instrumentalisée, même en cas de validation judiciaire. Cette inquiétude s’ajoute à une défiance déjà forte envers les institutions et à la perspective d’un vote organisé dans un climat de polarisation extrême.

Des mobilisations citoyennes ont déjà eu lieu dans tout le pays. Des organisations de défense de la démocratie appellent à une participation massive, afin d’obtenir une majorité suffisamment large pour empêcher toute remise en cause du résultat. Dans cette logique, la présence d’observateurs et de citoyens mobilisés dans les bureaux de vote est présentée comme une protection démocratique.

La communauté arabe israélienne au cœur d’un autre débat

Parmi les lois controversées, un texte prévoit de donner davantage d’outils à la police et aux services de sécurité pour lutter contre les gangs, les homicides et le trafic d’armes dans les localités arabes. Raluca Ganea juge cette approche problématique, car elle risque de présenter les citoyens palestiniens d’Israël comme une menace collective plutôt que comme des citoyens à part entière. Elle souligne aussi que des fonds destinés aux communautés arabes pourraient être réorientés vers les forces de sécurité, sans répondre aux causes profondes de la violence.

  • Problème de fond : la hausse des homicides dans les localités arabes.
  • Critique principale : une réponse sécuritaire jugée insuffisante et stigmatisante.
  • Risque social : aggraver la méfiance entre l’État et une partie de ses citoyens.

La ségrégation à l’université, symbole d’une ligne radicale

Autre sujet de forte inquiétude : une loi sur la ségrégation entre les sexes dans certains établissements d’enseignement supérieur. Dans certains campus, femmes et hommes pourraient ne plus s’asseoir ensemble dans des lieux comme la cafétéria ou la bibliothèque. Pour les opposants, ce texte marque une rupture nette avec les principes d’égalité et de liberté académique. Il illustre aussi, selon eux, l’alliance entre ultranationalistes, extrême droite et ultra-orthodoxes dans une remise en cause plus large des droits sociaux.

Cette évolution suscite des critiques parce qu’elle touche directement aux droits des femmes et aux droits des personnes LGBT. Les adversaires de la réforme y voient une normalisation de restrictions qui, ailleurs, seraient considérées comme incompatibles avec les standards démocratiques contemporains. Pour eux, l’université ne devrait pas devenir un espace où la séparation imposée par la loi prend le pas sur la liberté de circulation et de rencontre.

Entre mobilisation civique et bataille institutionnelle

Face à cette série de textes, un recours a déjà été déposé devant la Cour suprême. Mais le gouvernement a indiqué qu’il ne respecterait plus systématiquement ses décisions, ce qui réduit l’efficacité d’un éventuel contrôle judiciaire. Dans ce contexte, les militants de la démocratie misent sur la rue, sur la mobilisation électorale et sur la vigilance citoyenne pour empêcher un affaiblissement durable des institutions. Le combat se joue désormais sur plusieurs fronts, dans une société traversée par la peur d’une dérive durable.

  • Voie juridique : recours devant la Cour suprême.
  • Voie politique : espoir d’une alternance lors des prochaines élections.
  • Voie citoyenne : manifestations, surveillance du scrutin et mobilisation des électeurs.

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