J’ai mis mon doctorat en pause 11 ans pour sauver les mers malgaches

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Un choix personnel qui a transformé les côtes malgaches

En 2009, Ando Rabearisoa a abandonné un doctorat en économie écologique en France pour retourner à Madagascar et soutenir des communautés de pêcheurs : ce choix a conduit à la création et à l’expansion rapide des aires marines gérées localement (LMMAs). Sous sa direction au sein de Conservation International (2009–2019), le nombre de LMMAs dans le pays est passé de 33 à 177, illustrant un modèle de conservation porté par les usagers locaux plutôt que par l’administration centrale. Exemple précis : la première LMMA de Madagascar a enregistré une hausse de 189 % de la biomasse de poissons sur six ans.

  • Pourquoi ce choix : retour au terrain pour agir directement.
  • Impact mesurable : augmentation de la biomasse et protection des revenus.
  • Acteurs : communautés locales, ONG et scientifiques.

Un modèle communautaire né des pratiques insulaires

Les LMMAs s’appuient sur une logique communautaire inspirée par des pratiques comme celles apparues aux Fidji dans les années 1990 : des fermetures saisonnières et des règles locales de pêche. Des pêcheurs malgaches ayant visité ces sites ont adapté ces principes à leur contexte. Résultat : les zones gérées localement offrent souvent une meilleure acceptation sociale que les zones protégées imposées par l’État. Exemple précis : une enquête publiée en 2025 a montré que 95 % des répondants du nord-est de Madagascar préféraient les LMMAs aux dispositifs conventionnels.

  • Origine : modèles fidjiens adaptés.
  • Mécanismes : fermetures temporaires, quotas locaux, règles coutumières.
  • Acceptation : forte préférence des communautés locales.

La science au service des pêcheries et des revenus

En reprenant un doctorat axé sur la conservation marine (Université de Californie, Santa Cruz) puis par un postdoctorat à UC Berkeley, Rabearisoa a étudié l’effet des LMMAs sur les populations de poissons et sur les revenus des pêcheurs. Les méthodologies mêlent suivi de biomasse, enquêtes socio-économiques et intégration du savoir écologique local — par exemple, fermer des sites connus pour la reproduction des espèces pendant la saison de ponte. Exemple : mesures répétées de biomasse avant/après fermeture montrent des gains significatifs pour la ressource.

  • Méthodes : relevés biologiques, sondages socio-économiques, cartographie participative.
  • Résultats : hausse de biomasse, stabilisation des prises.
  • Application : décisions locales basées sur connaissances traditionnelles.

Adapter la conservation au contexte local : clé du succès

Un apprentissage central de dix ans de terrain est que la conservation doit être adaptée à l’écologie, à la culture et à la gouvernance locales. Les LMMAs réussissent lorsqu’elles tirent parti du savoir des pêcheurs sur les lieux et périodes de reproduction, et quand elles mettent en place des règles compréhensibles et applicables localement. Exemple concret : des communautés ferment des zones de mangrove ou des récifs spécifiquement pendant la saison de frai identifiée localement, ce qui protège la génération suivante.

  • Outils : cartographie des frayères, règles communautaires, patrouilles locales.
  • Adaptation : chaque LMMA est unique selon l’écosystème et la culture.
  • Échelle : transfert d’expériences entre villages et pays (conférence régionale de 2024).

Obstacles sociaux, économiques et institutionnels

Les LMMAs ne sont pas une panacée : elles doivent composer avec la pauvreté, la pression de la pêche commerciale, le manque de ressources pour l’application des règles et des barrières sociales. Ando elle‑même a dû naviguer entre contraintes de genre et parcours académique — son départ initial du doctorat reflète les défis auxquels sont confrontées de nombreuses femmes scientifiques dans des contextes où les rôles traditionnels pèsent. Exemple : sans alternatives économiques ou soutien externe, certaines communautés peinent à respecter les fermetures saisonnières.

  • Barrières : pauvreté, manque de moyens d’application, pressions externes.
  • Aspects sociaux : inégalités de genre, reconnaissance du savoir local.
  • Solutions envisagées : diversification des revenus, renforcement des capacités, appui institutionnel.

Perspectives pour étendre et pérenniser les LMMAs

Pour consolider les gains observés à Madagascar et promouvoir les LMMAs ailleurs en Afrique de l’Est, il faut combiner recherche rigoureuse, financement à long terme et renforcement du pouvoir local. Des exemples porteurs incluent l’appui d’ONG comme Conservation International, des conférences régionales (première conférence LMMA d’Afrique de l’Est en 2024) et l’intégration des savoirs locaux dans la planification. Recommandations pratiques :

  • Reconnaître les droits locaux de gestion.
  • Financer la surveillance et les alternatives économiques durables.
  • Suivre les résultats biologiques et socio‑économiques pour ajuster les règles.

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est incroyable de voir un tel engagement pour la préservation des mers malgaches ! Bravo pour votre dévouement et votre passion.

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