Kaia Gerber décrypte le final choc de The Shards

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Un final qui accuse tout le monde

The Shards clôt sa première saison sur un retournement de situation radical : après neuf épisodes de traque autour d’un tueur en série surnommé The Trawler, la série place ses personnages principaux dans une pièce d’interrogatoire, où la police les considère tous comme des suspects. Bret, Robert, Debbie, sa mère, Steven, Thom, Ryan et même Susan se retrouvent sous pression, dans un climax qui transforme le mystère en véritable casse-tête psychologique. Cette fin prolonge l’atmosphère de Los Angeles en 1981, entre peur diffuse, mensonges et soupçons croisés.

Susan, une suspecte aussi fascinante que déroutante

Au centre de cette zone de turbulence, Susan, incarnée par Kaia Gerber, s’impose comme l’un des personnages les plus intrigants. Son apparente assurance, son statut de reine du lycée et sa capacité à “gagner” en permanence en font une figure difficile à lire. Gerber reconnaît que l’idée qu’elle puisse être le tueur, ou liée à la mort de Terry, surprend, mais elle n’écarte rien. Le flou reste total, et c’est précisément ce qui nourrit l’attrait du récit.

  • Susan est présentée comme ambitieuse, brillante et insaisissable.
  • Le final l’associe directement à plusieurs événements violents.
  • Le doute est renforcé par une narration qui multiplie les points de vue.

Kaia Gerber face au rôle : une rencontre avec Ryan Murphy et Bret Easton Ellis

Gerber explique que son lien avec Ryan Murphy remonte à American Horror Story, où il lui a offert son premier rôle professionnel. La proposition de The Shards arrive ensuite comme une évidence pour le créateur, qui, avec Bret Easton Ellis, pense immédiatement à elle pour Susan. L’actrice raconte avoir rencontré Ellis au moment où le roman paraissait, après avoir lu l’intégralité de son œuvre. Cette proximité artistique, ajoutée à la confiance de Murphy, a rendu l’aventure particulièrement marquante pour elle.

  • Murphy lui a donné sa première opportunité importante.
  • Ellis l’a directement associée au personnage de Susan.
  • Gerber dit avoir travaillé plusieurs mois pour comprendre ce que Susan représentait.

Une Susan plus complexe que dans le roman

L’un des points les plus intéressants de l’adaptation réside dans l’écart entre le livre et la série. Le roman est raconté exclusivement du point de vue de Bret, alors que la série élargit l’univers en suivant d’autres personnages, même quand Bret n’est pas là. Pour Gerber, cela permet de découvrir Susan autrement, hors du regard de Bret. Ce choix donne à la série une latitude nouvelle, avec des épisodes comme “Dance Off!” ou “Really Rhonda”, qui enrichissent l’univers au lieu de le reproduire à l’identique.

Cette liberté narrative ouvre la voie à des développements inattendus :

  • de nouvelles intrigues secondaires renforcent la tension dramatique ;
  • des personnages absents du livre gagnent en profondeur ;
  • l’identité du tueur peut évoluer différemment du matériau d’origine.

Le choc de la finale : une attaque, un cri et une référence à Shelley Duvall

La scène d’agression de Susan dans le dernier épisode marque un sommet de tension. Dans la série, l’attaque diffère du livre, où Thom est impliqué plus directement avec elle. Gerber confie avoir longtemps hésité sur l’identité de l’agresseur, avant de se forger sa propre hypothèse au montage final. La séquence a également une dimension cinéphile assumée : le script évoque un “Shelley Duvall moment”, référence directe à The Shining. L’actrice, admirative de Duvall, a tourné la scène entre 20 et 30 fois, ce qui a exigé un contrôle physique et émotionnel très intense.

  • La scène a été conçue comme un hommage au cinéma d’horreur.
  • Le cri, la panique et l’épuisement font partie intégrante de l’effet recherché.
  • Gerber décrit ce passage comme l’un de ses moments les plus proches du registre scream queen.

Le mystère The Trawler, entre thriller et métaphore sociale

Sur l’identité de The Trawler, Kaia Gerber ne tranche pas définitivement, mais elle pense que la série finira par livrer une réponse. Elle souligne aussi un aspect essentiel de l’œuvre de Ryan Murphy : derrière le divertissement, il y a presque toujours une lecture plus profonde. Ici, le tueur peut être compris comme une métaphore du panique morale et, plus largement, de la crise du sida qui traverse les années 1980. Cette dimension donne du relief au récit, sans l’empêcher d’être un thriller efficace et populaire.

La série s’inscrit ainsi dans plusieurs niveaux de lecture :

  • un whodunnit classique, centré sur l’identité du coupable ;
  • un drame psychologique sur l’adolescence, l’ego et la rivalité ;
  • une lecture historique sur les angoisses des années 1980 à Los Angeles.

Une saison un tiers du chemin et un avenir encore ouvert

Ryan Murphy et Bret Easton Ellis envisagent trois ou quatre saisons, et la première ne couvrirait qu’environ un tiers du livre. Cette structure laisse de nombreuses portes ouvertes, notamment pour des événements emblématiques du roman comme la scène du balcon ou le passage à Palm Springs. Gerber dit espérer que la série poursuivra son expansion, car les épisodes déjà ajoutés montrent qu’une adaptation peut s’éloigner du texte source tout en restant fidèle à son esprit. Pour elle, cette liberté est précisément ce qui rend l’expérience si stimulante : The Shards n’a pas seulement commencé un mystère, il a surtout installé un terrain de jeu narratif où chaque personnage peut encore basculer.

  • La saison 1 ne couvre qu’une partie limitée du roman.
  • Des scènes majeures du livre restent à adapter.
  • Le suspense repose désormais autant sur les faits que sur les motivations des personnages.

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