
Un rendez‑vous de 15 éditions pour célébrer un héritage
Le Kriol Jazz Festival de Praia, au Cap‑Vert, a fêté sa 15e édition en réaffirmant son rôle de plateforme culturelle inspirée par l’héritage de Cesária Évora et l’engagement de son producteur, José Da Silva. Exemple : la programmation mêle artistes de la diaspora et formations africaines traditionnelles pour maintenir vivant un métissage musical distinctif. Points clés :
- Patrimoine : transmission de la mémoire musicale cap‑verdienne.
- Ouverture : artistes internationaux invités pour favoriser les échanges.
- Visibilité : scène consacrée aux dialogues entre jazz, rumba et musiques traditionnelles.
Saad Tiouly et la transe gnawa : la musique comme soin
Le guembri de Saad Tiouly, venu du sud du Maroc, a offert une performance où la gnawa se fait thérapie et message d’amour ; il l’affirme lui‑même : sa musique est un moyen d’envoyer des valeurs. Exemple concret : sessions de transe rythmique et chants sublimateurs qui ont suscité une forte réaction émotionnelle du public. Points à retenir :
- Instrument : le guembri, cœur sonore de la pratique gnawa.
- Fonction : guérison collective et partage émotionnel.
- Impact : proximité immédiate entre artiste et public, création d’un espace sacré.
Ismaël Lô : l’hypnose douce d’un message universel
La venue d’Ismaël Lô, lauréat du Prix découvertes RFI (1992), a marqué le festival par une présence rare et magnétique ; son art transforme la scène en moment de transe lucide et de réflexion sur la condition humaine. Exemple : durant son concert, il a rappelé que la richesse essentielle est le partage et non l’argent. Points essentiels :
- Voix : capacité à hypnotiser et rassembler les foules.
- Message : vie, partage et dignité comme valeurs premières.
- Symbolique : figure panafricaine porteuse d’espoir et de fraternité.
Alfredo Rodriguez : du piano à l’exil, le jazz engagé
Le pianiste cubain Alfredo Rodriguez a transformé son histoire personnelle — enfance voulant percussions, piano dès 6 ans, départ en exil vers les États‑Unis — en une performance où le jazz sert d’expression politique et humaine. Exemple : ses improvisations mêlent nostalgie cubaine et revendication démocratique, soulignant la douleur du contexte politique dans lequel il ne peut plus vivre. Points marquants :
- Parcours : formation classique et transmutation en jazz contemporain.
- Thème : exil et mémoire comme moteur artistique.
- Engagement : la musique comme voix pour la démocratie et le peuple.
Les Quatre Étoiles du Zaïre : rumba, longévité et mobilisation
Fondés en 1979, les Quatre Étoiles du Zaïre ont apporté la puissance de la rumba congolaise et la sagesse de figures comme Nyboma, 73 ans, qui rappelle chanter « pour l’amour du peuple ». Exemple : leur répertoire a engagé le public du Kriol dans une transe dansante, reliant générations et histoires. Points importants :
- Histoire : groupe emblématique traversant plusieurs décennies.
- Voix : Nyboma, exemple de résilience et de charisme.
- Fonction sociale : musique comme remède et rassembleur collectif.
Panafricanisme en pratique : rencontres, partage et dignité
À Praia, la rencontre d’artistes du Congo, de Cuba, du Maroc et du Sénégal a incarné un panafricanisme vivant fondé sur la liberté, l’amour et la dignité. Exemple : improvisations croisées entre jazz cubain et rumba congolaise, ou encore dialogues entre chants gnawa et mélodies sénégalaises, ont créé des moments uniques de syncrétisme musical. Enseignements concrets :
- Échange : collaborations artistiques favorisant l’innovation.
- Soin collectif : la musique comme espace de reconstruction sociale.
- Mémoire : sauvegarde et renouvellement des traditions par la scène contemporaine.
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