La guerre au Moyen-Orient fait peser un grave risque sur l’Afrique

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Contexte et enjeux du rapport

Un rapport conjoint de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement, du PNUD et de la UNECA alerte sur les répercussions d’un conflit entre Israël/États‑Unis et l’Iran pour le continent africain : il s’agit d’un risque systémique qui touche les échanges, la monnaie et la sécurité alimentaire. Exemple concret : l’Afrique dépend fortement du Moyen‑Orient pour certains intrants et carburants, ce qui rend la région vulnérable aux perturbations.

  • Institutions impliquées : UA, BAD, PNUD, UNECA.
  • Nature du risque : impact économique, monétaire et humanitaire.
  • Cas d’étude : perturbation des routes maritimes et hausse des primes d’assurance.

Chiffres clés et dépendances commerciales

Le rapport rappelle des statistiques précises qui expliquent la sensibilité de l’Afrique : 15,8% des importations africaines proviennent du Moyen‑Orient et le continent y exporte 10,9% de ses marchandises ; par ailleurs 29 devises africaines se sont déjà dépréciées dans le contexte actuel. Ces chiffres montrent comment un choc externe se transmet vite aux économies locales.

  • Importations : 15,8% depuis le Moyen‑Orient.
  • Exportations : 10,9% vers le Moyen‑Orient.
  • Monnaies : 29 dépréciations enregistrées, hausse du coût de la dette.

Effets immédiats sur les prix et le commerce

Les premiers canaux d’impact sont les prix de l’énergie, des denrées et du transport : la hausse du prix du carburant alourdit le coût du fret, entraîne une inflation des prix alimentaires et augmente les primes d’assurance maritime. Exemple : une augmentation de 20% du prix du pétrole se traduit souvent par une hausse significative des coûts logistiques pour les importateurs de céréales.

  • Carburant : augmentation des coûts de transport et des prix à la pompe.
  • Alimentation : hausse du prix des denrées importées, pression sur les ménages.
  • Fret & assurance : coûts portuaires et maritimes en hausse.

Agriculture, intrants et calendrier des semis

La période des semis, qui s’étend jusqu’en mai dans plusieurs régions, rend l’impact immédiat : la réduction des flux de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le Golfe limite la production d’engrais et en augmente le prix, diminuant la disponibilité pour les agriculteurs. Exemple : des exploitations céréalières en zones sahéliennes peuvent renoncer à l’apport d’azote faute d’accessibilité financière aux engrais.

  • Période critique : semis en cours jusqu’en mai.
  • Intrants : pénurie et hausse des prix des engrais liés au GNL.
  • Mesures possibles : stocks stratégiques d’engrais, subventions ciblées, soutien logistique aux zones rurales.

Qui gagne, qui perd : effets redistributifs

Certaines économies pourraient tirer parti de la situation mais de façon limitée et inégale : le Nigeria (pétrole) et le Mozambique (GNL) voient leurs revenus augmenter, tandis que des ports comme ceux d’Afrique du Sud, de Namibie ou de Maurice bénéficient d’un basculement des routes commerciales ; le Kénya et l’Éthiopie pourraient profiter du secteur aérien. Exemple : des revenus pétroliers accrus au Nigeria ne compensent pas la hausse des importations alimentaires pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

  • Bénéficiaires potentiels : Nigeria, Mozambique, ports d’Afrique australe, hubs aériens (Kenya, Éthiopie).
  • Limite : gains sectoriels insuffisants pour compenser l’inflation et l’érosion des budgets publics.
  • Risque additionnel : compétition accrue pour les infrastructures portuaires et corridors commerciaux.

Risques sécuritaires, humanitaires et réponses politiques

Le rapport met en garde contre une intensification des conflits pour le contrôle des ports, des minerais et pour la sécurité en mer Rouge, ainsi qu’une hausse des coûts des opérations humanitaires qui pourraient être réduites si les bailleurs réallouent leurs fonds. Exemple : l’augmentation des attaques en mer Rouge augmente le coût des assurances et allonge les délais d’acheminement pour l’aide alimentaire.

  • Sécurité : tensions liées aux ports et routes maritimes stratégiques.
  • Humanitaire : coût des opérations en hausse, risque de réduction des financements.
  • Recommandations : renforcer les réserves de change, élargir les filets sociaux, diversifier les fournisseurs d’intrants et renforcer la coopération régionale en matière de sécurité maritime.

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