Le Canada investit 3,8 milliards pour protéger la nature

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Un plan ambitieux mais urgent pour la nature canadienne

Le gouvernement canadien a dévoilé un plan de 3,8 milliards de dollars pour renforcer la protection de la biodiversité et créer de nouveaux parcs nationaux, en réponse à l’engagement pris à la COP15: protéger 30 % des terres et des eaux d’ici à 2030. Aujourd’hui, seulement 14 % du territoire national est protégé, ce qui signifie qu’il faut presque doublement en quatre ans. Ce volet d’investissement vise à traduire un objectif international en actions concrètes sur le terrain, tout en apportant des fonds pour la conservation, le retrait des engins dangereux et la création d’aires protégées marines et terrestres.

Quelles mesures sont prévues ?

Le plan prévoit une trentaine de zones protégées d’ici à 2030, incluant de nouvelles aires maritimes pour l’Arctique et des parcs nationaux en forêt boréale. Parmi les points clés :

  • Création de nouvelles aires protégées terrestres et marines (≈ 30 zones).
  • Protection des habitats essentiels pour les ours polaires et autres espèces arctiques.
  • Retrait des matériels de pêche abandonnés (filets fantômes) et des épaves nuisance.
  • Soutien financier aux programmes de rétablissement d’espèces menacées.

Espèces ciblées et actions concrètes sur le terrain

Le plan met l’accent sur des espèces emblématiques et menacées : ours polaires, saumons sauvages, bisons des bois. Exemples d’actions prévues :

  • Zones marines protégées en Arctique pour préserver les aires d’alimentation des ours polaires et réduire les impacts du trafic maritime.
  • Programmes de restauration des cours d’eau et réduction de la pollution pour aider les saumons sauvages ; exemples : projets de végétalisation des berges, retrait des obstacles migratoires (barrages).
  • Translocations et corridors pour les bisons des bois, accompagnés de suivis génétiques pour préserver la diversité.

Le rôle et les revendications des peuples autochtones

Plusieurs ONG, notamment Greenpeace Canada, estiment que le plan n’accorde pas assez de place à la gouvernance autochtone. Les demandes récurrentes incluent :

  • Reconnaissance et financement des aires protégées autochtones (IPCAs) et co-gestion effective.
  • Accès renforcé des communautés autochtones à la nature et aux ressources pour des pratiques de gestion durable.
  • Garanties juridiques pour que les connaissances traditionnelles orientent la planification et la surveillance.

Exemples probants : des projets d’IPCAs en Colombie-Britannique et au Nunavut montrent que la co-gestion peut améliorer la surveillance et l’application locale des mesures de conservation.

Critiques, limites et tensions avec l’économie

Le plan suscite aussi des réserves : le Bloc Québécois évoque des mesures redéployées, tandis que des ONG dénoncent la persistance des priorités d’extraction (pétrole, terres rares) qui peuvent contrecarrer les objectifs de restauration. Points critiques :

  • Risques de conflits d’usage entre conservation et projets miniers ou pétroliers (exemples : oléoducs, mines proposées dans des zones sensibles).
  • Insuffisance éventuelle des mécanismes d’application et de suivi pour garantir des protections durables.
  • Besoin d’aligner les politiques climatiques et de biodiversité pour éviter des mesures fragmentées.

Calendrier, financement et perspectives opérationnelles

Pour atteindre l’objectif de 2030, le plan fixe des étapes concrètes : identification des zones prioritaires, financement des projets locaux, retrait des engins marins et renforcement des programmes de rétablissement. Exemples d’indicateurs et actions à suivre :

  • 2026–2027 : cartographie et consultations avec les peuples autochtones pour définir les 30 sites prioritaires.
  • 2028 : premières créations officielles d’aires marines protégées et lancement des programmes de retrait de filets.
  • 2029–2030 : évaluation des surfaces protégées, mise en place de systèmes de surveillance et ajustements de la gouvernance.

Atteindre 30 % nécessitera non seulement des financements comme les 3,8 milliards annoncés, mais aussi des mécanismes juridiques, la coopération autochtone et une réduction des pressions liées à l’extraction pour assurer une protection réelle et durable de la biodiversité canadienne.


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