Un projet de loi qui élargit le pouvoir de verbalisation
Le projet de loi adopté en commission propose que les policiers puissent, si les communes le souhaitent, verbaliser des actes jusque-là parfois traités différemment : la vente à la sauvette, l’usage de stupéfiants et l’occupation illicite de halls d’immeuble. Exemple précis : dans une rue commerçante, un agent municipal pourrait dresser une contravention à un vendeur ambulant surpris sans autorisation ; dans un immeuble, un particulier consommant des stupéfiants dans le hall pourrait se voir notifier une sanction administrative. Points clés :
- Objet : permettre la verbalisation locale de comportements jugés gênants pour l’ordre public.
- Condition : intervention possible uniquement si la commune décide de l’adopter.
- Cible : vente sauvage, consommation sur la voie publique/halls, occupations illicites.
Qui décide réellement ? le rôle des communes
La mise en œuvre dépendra de la volonté des collectivités locales : conseil municipal, maire et services de police municipale auront un rôle central. Exemple : une petite commune touristique peut choisir d’activer la mesure pour protéger son centre-ville, tandis qu’une grande métropole pourra la calibrer par quartiers. Étapes typiques :
- Délibération du conseil municipal pour acter l’option.
- Arrêté municipal ou convention précisant les compétences déléguées.
- Formation et consignes pour les agents chargés de verbaliser.
Modalités pratiques de verbalisation et voies de recours
Concrètement, la verbalisation implique constat, rédaction d’un procès-verbal et sanction administrative ou contraventionnelle. Exemple précis : un agent constate un groupe occupant un hall ; il peut dresser une amende et ordonner la remise en état des lieux. Points à connaître :
- Constatation sur place par un agent habilité.
- Sanction : amende, éventuelle confiscation d’objets (pour la vente à la sauvette).
- Recours : possibilité de contester la verbalisation devant les juridictions compétentes.
Enjeux sociaux et risques juridiques
La mesure pose des questions de proportionnalité, d’équité et d’impact social : verbaliser peut protéger l’ordre public mais aussi pénaliser des personnes vulnérables. Exemple : un vendeur à la sauvette sans ressources risque davantage la sanction que la mise en place d’un dispositif d’accompagnement. Risques et débats :
- Stigmatisation des publics précaires.
- Déplacement du phénomène vers d’autres quartiers plutôt que sa résolution.
- Risques juridiques : recours pour excès de pouvoir, respect des libertés publiques.
Alternatives et mesures complémentaires efficaces
Pour être plus efficace et juste, la verbalisation peut s’accompagner d’actions sociales et préventives. Exemple concret : rattacher l’intervention policière à une permanence sociale pour orienter les personnes verbalisées vers l’aide au logement ou l’insertion. Solutions possibles :
- Accompagnement social : orientation vers structures d’aide, insertion professionnelle.
- Médiation locale entre commerçants, riverains et personnes concernées.
- Dispositifs de santé : prévention, réduction des risques, alternatives aux sanctions pures.
Conséquences pour les citoyens, commerçants et décideurs locaux
Pour les habitants et acteurs locaux, cette mesure signifie un choix politique et opérationnel : améliorer la tranquillité publique ou risquer une gestion répressive des difficultés sociales. Exemple : une boutique affectée par la vente à la sauvette peut voir une baisse des nuisances si la commune coordonne verbalisation et médiation. Ce que chacun peut faire :
- Citoyens : participer aux réunions municipales, demander des garanties de proportionnalité.
- Commerçants : solliciter des actions de médiation et des dispositifs de surveillance ciblés.
- Élus : prévoir des bilans, indicateurs et évaluations pour mesurer l’impact social et juridique.
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