À la recherche d’un corps athlétique
Dans notre société moderne, l’idéal de corps athlétique est souvent perçu à travers des normes esthétiques déformées, principalement véhiculées par les médias et les réseaux sociaux. Une étude récente menée à l’Université de Toronto a scrutinisé comment l’intelligence artificielle (IA) génère des images de corps d’athlètes et de non-athlètes, révélant que ces représentations sont souvent exagérées et inaccessibles. L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre comment l’IA façonne notre vision des corps et influence la perception de soi.
Caractéristiques physiques des athlètes générés par l’IA
En se basant sur des théories d’objectification et de médias sociaux, les chercheurs ont créé 300 images via diverses plateformes d’IA, examinant des paramètres tels que l’âge, la morphologie et l’apparence physique. Voici quelques résultats marquants :
- Hommes athlètes : 93,3% jeunes, 68,4% minces, 54,2% musclés.
- Femmes athlètes : 100% jeunes, 87,5% minces, 87,5% en vêtements révélateurs.
- Non-athlètes : représentation de plus de diversité corporelle avec des vêtements plus amples.
Il est frappant de constater que 90% des images d’athlètes générées étaient masculines, sans aucune représentation de corps en situation de handicap ou de diversité corporelle.
Les dangers des idéaux corporels déformés
La diffusion d’images idéalisées par l’IA sur les réseaux sociaux impacte plus de 4,6 milliards d’utilisateurs. Ces images alimentent l’auto-objectivation et l’intériorisation d’idéaux corporels irréalistes. Cela peut mener à des comportements alimentaires nocifs ou à une diminution de l’activité physique. Les conséquences incluent :
- Impact sur la performance académique et sportive.
- Augmentation des cas de décrochage sportif.
- Diminution de l’estime de soi et de la satisfaction corporelle.
Ces normes façonnées par l’IA nuisent à la santé mentale des individus.
Une représentation biaisée et non réaliste
Notre étude a également mis en lumière l’absence de représentations de personnes en situation de handicap, de corps plus ronds, ou même de traits vieillissants. L’IA semble recycler les préjugés sociaux existants, ne respectant pas la diversité humaine. Par exemple, 27% des Canadiens ont au moins un handicap, et pourtant aucune image générée n’a inclus cette réalité. Cela souligne une grave lacune dans la manière dont l’IA est formée.
Promouvoir la diversité dans l’IA
Pour contrer ces tendances, il est essentiel d’améliorer la qualité des données utilisées dans la formation des systèmes d’IA. Celles-ci doivent refléter la diversité et ne pas perpétuer des stéréotypes nuisibles tels que l’âgisme, le racisme et le fatphobia. Les utilisateurs de l’IA doivent adopter une approche critique lors de la création de contenu, en tenant compte de :
- La diversité dans les représentations corporelles.
- Une critique des normes imposées par la société.
- Un engagement pour une représentation plus juste et inclusive.
Vers un avenir plus inclusif
Pour créer un environnement où l’IA sert à promouvoir la réalité plutôt qu’à la déformer, il est crucial d’insister sur la valeur de chaque type de corps. En mettant en avant une diversité d’apparences et en luttant contre la pression sociale à l’apparence, la société peut former un futur où les normes corporelles sont plus acceptables et réalistes.
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