
Conflit omniprésent : des opérations qui bouleversent les vies
Au cœur du Liban, les opérations terrestres et les bombardements intensifs au sud ont provoqué des déplacements massifs : près d’un habitant sur quatre a fui son domicile. Parmi les personnes affectées se trouvent non seulement des Libanais, mais aussi une importante communauté de travailleurs migrants venus d’Afrique et d’Asie — environ 250 000 personnes selon les recensements locaux. Ces mouvements rapides et forcés mettent en évidence l’ampleur du choc humanitaire et la vulnérabilité de populations déjà précaires.
- 25 % de la population locale déplacée (estimation de terrain)
- 250 000 travailleurs migrants présents dans le pays
- Zones les plus touchées : sud du Liban, notamment la région de Nabatiyeh
Des migrants exclus des dispositifs d’urgence identifiés
Des centres religieux et des ONG décrivent une absence de dispositifs officiels adaptés aux migrants : pas de refuges publics dédiés, peu d’inclusions dans les plans d’évacuation. Les Jésuites, par exemple, hébergent plus de 180 travailleurs migrants, dont environ 70 enfants, ce qui illustre la prise en charge improvisée par la société civile lorsque l’État et les institutions internationales ne parviennent pas à couvrir tous les besoins.
- Hébergement improvisé par les églises et ONG
- Manque d’accès aux programmes officiels d’aide d’urgence
- Besoins spécifiques non couverts : logement, documents, protection juridique
Récits concrets : trajectoires brisées d’hommes et de femmes
Les témoignages humanisent la crise : Ismael Maamoun, cuisinier soudanais, a quitté Nabatiyeh après d’intenses bombardements, marchant deux jours pour rejoindre un refuge ; il décrit son quartier « tout détruit ». Alem Mulu, venue d’Éthiopie il y a dix ans, veut partir vers un pays offrant sécurité et travail pour scolariser son enfant. Ces exemples montrent comment la guerre aggrave des trajectoires déjà fragiles et enferme des familles dans l’incertitude.
- Exemple : déplacement à pied sur plusieurs jours faute de transport
- Exemple : femmes enceintes arrivant dans des refuges improvisés
- Exemple : travailleurs âgés ou sans contrat confrontés au chômage soudain
Santé et maternité : besoins immédiats et risques accrus
La situation sanitaire devient critique : des femmes enceintes sont accueillies dans les refuges, certaines accouchent à l’hôpital pendant l’évacuation, et plusieurs naissances sont attendues dans les semaines qui viennent. L’accès aux soins obstétricaux, aux vaccinations des nouveau-nés et à un suivi psychologique est prioritaire pour éviter des conséquences graves sur la santé maternelle et infantile.
- Priorité : accès aux soins obstétricaux et néonatals
- Vaccinations et suivi postnatal indispensables
- Soutien psychosocial pour enfants et parents traumatisés
Réponses locales face aux lacunes : initiatives et limites
Devant les manques institutionnels, des acteurs locaux — églises, ONG, groupes communautaires — multiplient les initiatives : hébergements temporaires, distribution de vivres, orientation vers des services médicaux. Mais ces réponses restent insuffisantes face aux besoins et peinent à se coordonner, notamment en raison de l’absence d’un cadre national clair pour l’évacuation et la protection des travailleurs migrants.
- Actions concrètes : abris improvisés, repas, accès aux soins d’urgence
- Limites : financement contraint, difficultés de coordination
- Obstacle majeur : statut légal des migrants qui complique l’aide
Actions urgentes recommandées pour protéger les plus vulnérables
Plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre rapidement pour réduire les risques : inclure explicitement les migrants dans les plans d’évacuation, établir des corridors humanitaires, faciliter l’accès aux services de santé et à l’éducation, et proposer des solutions temporaires de séjour ou de relocalisation. La coopération entre autorités locales, organisations internationales (IOM, ONG) et acteurs communautaires est essentielle pour répondre efficacement et protéger les familles exposées.
- Inclure les migrants dans les plans d’évacuation nationaux
- Ouvrir des centres de soins maternels et pédiatriques mobiles
- Mettre en place des mécanismes de relocalisation et de régularisation temporaires
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