
Un appel depuis l’exil intérieur
Banni et confiné à Bandar Abbas, Manouchehr Bakhtiari, père de Pouya Bakhtiari — jeune ingénieur tué lors des manifestations de novembre 2019 — lance un message fort : la nécessité d’une union nationale et le retour de la monarchie comme alternative à la République islamique. Exilé de fait à plus de 1000 km de sa famille, il décrit une vie quotidienne marquée par la surveillance, les privations et le refus de se taire face à l’injustice.
Répression ciblée et douleur familiale
Après la mort de son fils, Manouchehr a poursuivi les responsables en justice et refusé d’effacer la mention des « donneurs d’ordre ». En réaction, les autorités ont intensifié les mesures contre lui et les siens :
- Interdiction de quitter Bandar Abbas et obligation de pointer au commissariat;
- Arrestations répétées et détentions de proches (épouse emprisonnée, frère détenu);
- Intimidations et expulsions litérales — il a été laissé dans la rue, pieds nus.
Ces actions témoignent d’une stratégie de pression visant à étouffer la contestation en frappant les familles des dissidents.
La colère sociale et la dégradation économique
Bakhtiari explique que la contestation n’est plus seulement ciblée sur des revendications ponctuelles (prix de l’essence, port du voile) mais qu’elle vise désormais le changement de régime. Il note que la crise économique touche même des agents de l’ordre, contraints d’accepter des emplois parallèles pour survivre, tandis que les proches du pouvoir jouissent d’avantages considérables.
- Effets de la mauvaise gestion : inflation, baisse du pouvoir d’achat;
- Détournement des ressources vers des proxies régionaux;
- Affaiblissement du contrat social entre État et population.
Un mouvement avec des objectifs clairs
Selon lui, la nouvelle intensité du mouvement tient à son objectif affirmé : pas seulement revendiquer des libertés civiles, mais réclamer la fin du régime actuel et, pour certains, le retour de la monarchie. Les manifestations rassemblent toutes les catégories sociales — commerçants du bazar, jeunes, femmes, personnes âgées — et se caractérisent par une détermination inédite face aux répressions violentes.
- Slogans anti-régime et défiance accrue face aux forces de l’ordre;
- Solidarité visible envers les familles des victimes, notamment envers Manouchehr;
- Volonté de alternatives politiques profondes.
Dimension régionale : un régime aux priorités contestées
Bakhtiari critique l’orientation extérieure du régime, accusé d’avoir dilapidé les ressources nationales en finançant des groupes étrangers (exemples cités : Hachad al-Chaabi en Irak, Hamas en Palestine). Cela a, selon lui, aggravé la pauvreté intérieure et alimenté la colère populaire, amenant la population à réclamer l’isolement diplomatique du régime par la communauté internationale.
Monarchie, leadership et espoir populaire
Sur la question du rôle possible de Reza Pahlavi, exilé depuis des décennies, Manouchehr se montre pragmatique : la monarchie est présentée comme une option historique et symbolique de rassemblement plutôt qu’un retour automatique au passé. Il affirme la disponibilité des Iraniens sur place à soutenir un leadership capable de reconstruire le pays et gérer ses richesses autrement.
- La monarchie évoquée comme alternative face à la corruption systémique;
- Appel à la reconstruction nationale fondée sur les ressources du pays;
- Soutien attendu de la communauté internationale pour protéger les manifestants.
En savoir plus sur L'ABESTIT
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




Il est crucial de soutenir ceux qui luttent pour la liberté et la justice en Iran. L’unité des Iraniens est essentielle pour un avenir meilleur.