
Un premier signal fort pour l’ère Zidane
Pour sa première grande impression à la tête de l’équipe de France, Zinedine Zidane a choisi la prise de risque plutôt que la prudence. Face à une Belgique réputée solide et venue avec des ambitions, les Bleus ont remporté un succès court mais marquant, sur le score de 1-0. Au-delà du résultat, c’est surtout la manière qui retient l’attention : une équipe profondément remodelée, un plan de jeu offensif et une volonté assumée de bousculer les habitudes. Cette victoire donne un aperçu clair de ce que pourrait être le style Zidane : audace, mobilité et recherche de créativité dans les trente derniers mètres.
Une composition bouleversée et des choix inattendus
Le nouveau sélectionneur n’a pas hésité à redistribuer les cartes. Par rapport au match précédent contre la Turquie, remporté difficilement 1-0, Zidane a changé presque tout son onze de départ. Seuls Mike Maignan et Maxence Lacroix ont conservé leur place, tandis que plusieurs joueurs ont été lancés dans le grand bain. Parmi eux, trois néophytes ont connu leur première titularisation : Andy Diouf, Jérémy Jacquet et Lucas Da Cunha. Ce choix traduit une logique claire : ouvrir la porte à de nouveaux profils et tester la profondeur du groupe.
Dans le secteur offensif, l’absence de Kylian Mbappé, blessé, a également obligé le staff à revoir ses plans. Zidane a préféré aligner Bradley Barcola, Esteban Lepaul et Désiré Doué au coup d’envoi, laissant notamment Ousmane Dembélé, Michaël Olise et Rayan Cherki sur le banc. Ce pari a renforcé l’idée d’une sélection moins figée, plus compétitive et ouverte à l’émergence de nouveaux visages.
Un début de match riche en occasions
L’équipe de France a rapidement pris le contrôle du jeu et s’est installée dans le camp belge. Le trio offensif a donné du rythme et de la profondeur, avec des situations franches dès les premières minutes. Désiré Doué a d’ailleurs frôlé l’ouverture du score en trouvant la barre transversale à la 12e minute. Peu après, Esteban Lepaul a vu sa reprise instantanée être repoussée par le gardien Lammens à la 17e minute.
La domination française s’est aussi matérialisée sur les coups de pied arrêtés et les frappes lointaines. Akliouche a mis à contribution le portier belge sur un coup franc, tandis que Lucas Da Cunha a trouvé le poteau à la 53e minute. Ces occasions illustrent une équipe capable de créer dans plusieurs registres :
- des projections rapides dans la surface adverse ;
- des attaques placées construites dans le schéma en 4-3-3 ;
- des initiatives individuelles pour déséquilibrer le bloc belge.
Lucas Da Cunha, symbole d’une équipe qui ose
Parmi les révélations de cette soirée, Lucas Da Cunha a particulièrement retenu l’attention. Titularisé d’entrée, le joueur de Côme a incarné l’envie de Zidane d’insuffler du sang neuf et des profils capables de s’adapter à un football plus vertical. Associé à des milieux actifs et à des attaquants mobiles, il a participé à une animation collective séduisante, structurée autour d’un 4-3-3 fidèle à la philosophie du sélectionneur.
Cette configuration a aussi permis à Maghnes Akliouche d’évoluer dans un rôle de relayeur, donc plus libre pour casser des lignes et accélérer les transmissions. Le résultat a été une équipe souvent fluide, parfois spectaculaire, toujours ambitieuse. La France a dominé une rencontre intense, avec plusieurs séquences de jeu qui ont montré une vraie volonté de prendre le dessus techniquement et physiquement.
Une Belgique dangereuse dans ses rares temps forts
Si la France a contrôlé la majeure partie de la partie, elle a néanmoins dû rester vigilante. La Belgique a fini par se montrer plus menaçante au fil de la seconde période, notamment grâce à Lukebakio, auteur des deux premières frappes cadrées belges à la 72e puis à la 77e minute. À ces moments-là, Mike Maignan a répondu avec autorité, confirmant son importance dans les temps faibles de son équipe.
Ces alertes ont rappelé qu’un match international peut basculer sur une seule erreur ou un seul éclair. Même en ayant dominé, les Bleus n’étaient pas à l’abri d’un scénario défavorable. La Belgique, malgré une production offensive limitée, a montré qu’elle pouvait exploiter la moindre baisse de concentration.
Le coup d’éclat d’Olise et la récompense d’un pari
Les entrées de Dembélé, Olise et Cherki à partir de la 68e puis de la 77e minute ont offert un supplément de talent, même si elles ont coïncidé avec une légère perte de maîtrise collective. C’est finalement Michaël Olise qui a fait la différence dans le dernier quart d’heure, en réalisant un rush solitaire conclut par une frappe superbe au ras du poteau de Lammens à la 87e minute. Un but décisif, élégant et parfaitement symbolique du potentiel offensif de cette équipe.
Cette action a validé le pari du sélectionneur : une équipe recomposée, des jeunes lancés sans attendre, et une confiance accordée à l’instinct des joueurs créatifs. Les points clés de cette rencontre peuvent se résumer ainsi :
- une victoire importante contre un adversaire de niveau élevé ;
- des choix forts dans la composition de départ ;
- une production offensive prometteuse malgré un manque d’efficacité initial ;
- un but décisif signé Olise, qui confirme la pertinence des rotations ;
- une première empreinte tactique claire de Zidane à la tête des Bleus.
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