
Un retrait qui rebondit sur l’échiquier onusien
L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, ce samedi 17 octobre, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette décision intervient après un vote indicatif au Conseil de sécurité, au cours duquel les sept candidats encore en lice ont tous reçu au moins un avis défavorable d’un membre permanent, un signal assimilable à un blocage politique. Dans ce contexte, l’annonce de Macky Sall n’est pas un simple renoncement individuel : elle s’inscrit dans une séquence diplomatique tendue, où chaque vote teste les équilibres entre grandes puissances et ambitions régionales.
Un signal pour une candidature plus consensuelle
Dans sa déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’ex-chef de l’État sénégalais affirme vouloir favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Il explique agir après avoir observé les premiers résultats des votes tests, qui semblent orienter les États membres vers une personnalité venue d’Amérique latine et des Caraïbes, possiblement une femme. Cette lecture du scrutin montre que la compétition ne repose pas seulement sur le parcours des candidats, mais aussi sur des équilibres géopolitiques, des représentations régionales et des attentes implicites sur le profil du futur secrétaire général.
- Objectif affiché : éviter une impasse prolongée au Conseil de sécurité.
- Orientation des votes : préférence apparente pour une candidature latino-américaine.
- Possibilité évoquée : l’élection d’une femme à la tête de l’ONU.
Un dossier marqué par des contestations au Sénégal
La candidature de Macky Sall, portée initialement par le Burundi, n’a jamais fait l’unanimité. Au Sénégal, elle a suscité de fortes critiques, notamment en raison des accusations selon lesquelles il aurait dissimulé une partie de la dette publique du pays. À ces tensions politiques s’ajoutent les protestations des victimes de la répression des manifestations de 2021 à 2024, qui se sont opposées à sa candidature. Le collectif concerné a pris acte du retrait, tout en réclamant toujours justice et réparation, selon les informations rapportées depuis Dakar.
Des consultations diplomatiques décisives
Avant de se retirer, Macky Sall indique avoir consulté plusieurs responsables africains, dont le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui préside l’Union africaine, ainsi que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Ces échanges montrent que la décision a été pensée dans un cadre diplomatique élargi, au-delà de la seule scène sénégalaise. Le retrait vise aussi à préserver une certaine cohésion africaine dans un moment où le continent peine à imposer une candidature unique face aux rapports de force du Conseil de sécurité.
- Évariste Ndayishimiye : interlocuteur clé, en tant que président de l’Union africaine.
- Bassirou Diomaye Faye : associé à la réflexion sur l’avenir de la candidature.
- Logique diplomatique : éviter l’isolement et préparer une nouvelle séquence de négociation.
Une candidature qui n’a jamais vraiment décollé
Déposée le 2 mars par le Burundi, la candidature de Macky Sall a été contestée bien au-delà du Sénégal. En mars, une vingtaine de pays de l’Union africaine, dont le Sénégal, refusaient de la soutenir. Plus tard, le président Diomaye Faye a changé de position en juillet, ce qui a surpris l’opinion publique et provoqué des réactions vives de l ოპოზosition, qui a parlé d’une volte-face incompréhensible. À New York, les résultats successifs ont confirmé les difficultés de l’ancien président à rassembler les appuis nécessaires pour franchir les étapes du processus onusien.
Et maintenant, quel avenir pour Macky Sall ?
Avec ce retrait, la question se déplace vers l’avenir politique de l’ancien président sénégalais. Installé à Marrakech, au Maroc, il n’est revenu au Sénégal qu’une seule fois depuis son départ du pouvoir. Son avenir dépendra désormais de sa capacité à redevenir une figure audible sur la scène régionale et internationale, dans un contexte où son nom reste associé à des débats sur la gouvernance, la mémoire des violences politiques et la gestion des finances publiques. L’épisode de l’ONU referme une séquence, mais il laisse ouvertes plusieurs interrogations sur son rôle futur, son influence diplomatique et la manière dont son héritage sera jugé.
- Lieu de résidence : Marrakech, au Maroc.
- Présence au Sénégal : un seul retour depuis la fin de son mandat.
- Enjeu central : maintenir une influence politique malgré les contestations.
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