
Un drame qui a bouleversé Novi Sad
Le mouvement étudiant serbe qui s’est structuré après l’effondrement d’un auvent récemment rénové dans la gare de Novi Sad, en novembre 2024, est né d’un choc collectif. Cet accident, qui a causé la mort de 16 personnes, a profondément marqué la ville et révélé, aux yeux de nombreux citoyens, des failles plus larges dans la gestion publique. Pour beaucoup, il ne s’agissait pas d’un simple accident, mais d’un signal d’alarme sur l’état des institutions.
De la vie universitaire à l’engagement citoyen
L’auteur du témoignage explique n’avoir eu, il y a encore deux ans, aucune ambition politique. Étudiant à la faculté des sciences techniques de Novi Sad et engagé dans un doctorat en ressources humaines, il menait une vie ordinaire. L’accident de la gare a tout changé : en rejoignant les manifestations et les rassemblements, il a compris que ce drame devait devenir un moment de bascule pour la société serbe.
- Avant : une trajectoire universitaire classique, sans militantisme.
- Après : participation active aux protestations étudiantes et citoyennes.
- Enjeu central : transformer l’émotion en exigence de responsabilité publique.
Corruption, impunité et colère publique
Selon ce récit, la catastrophe n’était pas une fatalité. Elle s’inscrivait dans un climat de corruption systémique et d’impunité durable, deux facteurs souvent évoqués lorsque les infrastructures publiques sont touchées par des négligences graves. Au lieu de lancer une enquête complète, transparente et indépendante, les autorités auraient choisi de repousser les critiques, alimentant encore davantage la défiance. Dans ce contexte, la demande de justice est devenue une revendication politique majeure.
- Problème soulevé : la responsabilité dans les travaux et les contrôles de sécurité.
- Réaction contestée : absence perçue de réponse institutionnelle crédible.
- Effet social : montée de la colère et élargissement du mouvement de soutien.
Une mobilisation étudiante qui s’organise
Face aux attaques et aux pressions, les étudiants et leurs soutiens ont choisi de se regrouper dans les établissements d’enseignement. Les amphithéâtres, couloirs et facultés sont devenus des espaces de protection, mais aussi de discussion, de coordination et de résistance. Cette stratégie traduit une volonté claire : tenir dans la durée, sans céder à l’intimidation, tout en maintenant la pression sur les responsables politiques.
- Forme d’action : rassemblements, manifestations, occupation symbolique des lieux d’étude.
- Objectif : réclamer des comptes et défendre l’idée d’un État qui fonctionne.
- Méthode : organisation collective, discipline et endurance.
La demande d’un État normal et fonctionnel
Le slogan implicite du mouvement tient en une idée forte : après les promesses de liberté, les citoyens veulent désormais un État normal, capable d’assurer la sécurité, la transparence et la justice. Cette aspiration dépasse le seul cas de Novi Sad. Elle renvoie à une attente plus large dans la société serbe : celle d’institutions qui protègent réellement les habitants, contrôlent les chantiers publics et sanctionnent les abus. La catastrophe a ainsi servi de révélateur des fragilités structurelles du système.
- Sécurité publique : des infrastructures correctement vérifiées.
- Responsabilité : des enquêtes indépendantes et crédibles.
- État de droit : la fin de la protection des pratiques abusives.
Un mouvement qui dépasse un seul événement
Ce témoignage montre enfin comment un drame local peut devenir le point de départ d’une mobilisation nationale. Pour les étudiants engagés, l’enjeu n’est pas seulement de répondre à une tragédie précise, mais de réclamer une transformation durable de la vie publique. Leur combat porte sur la dignité, la justice et la possibilité de vivre dans un pays où les institutions fonctionnent réellement. C’est cette exigence, à la fois simple et radicale, qui donne sa force au mouvement.







