
Portrait : qui est Karim Amellal ?
Karim Amellal est un acteur engagé des relations euro‑méditerranéennes : ancien ambassadeur et délégué interministériel à la Méditerranée de 2020 à 2025, écrivain, consultant auprès d’entreprises françaises et enseignant à Sciences Po. Son parcours combine diplomatie officielle et action civile — par exemple, il a animé des ateliers de dialogue entre responsables algériens et français et publié des tribunes destinées à alerter les décideurs sur les risques géopolitiques pour l’Europe.
Un engagement constant pour le dialogue entre les deux rives
Depuis des années, Amellal promeut le dialogue entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée, en particulier entre l’Algérie et la France. Ses initiatives illustrent l’approche de la diplomatie de proximité :
- organisation de conférences bilatérales réunissant universitaires et acteurs économiques,
- soutien à des programmes d’échanges universitaires comme des masters conjoints ou des semaines intensives,
- appels publics à la coopération culturelle et économique pour désamorcer les tensions historiques.
Pourquoi il alerte sur le danger d’une guerre impliquant l’Iran
Karim Amellal a signé plusieurs tribunes expliquant le risque pour la France et l’Union européenne de se laisser entraîner dans un conflit avec l’Iran. Ses arguments reposent sur des constats concrets :
- les effets collatéraux sur l’économie européenne (hausse des prix de l’énergie, perturbation des transports maritimes),
- le risque d’embrasement régional avec des répercussions en Méditerranée (cyberattaques, actions de proxies),
- la fragilisation des efforts diplomatiques existants comme la relance du JCPOA et des canaux de désescalade.
Il cite en exemple les épisodes de tension passés (attaques contre des navires dans le Golfe, assassinats ciblés) pour montrer comment un enchaînement d’événements mineurs peut dégénérer.
Conséquences concrètes pour la France et l’Union européenne
Amellal détaille des conséquences précises si l’Europe était entraînée dans un conflit : désorganisation commerciale, montée des coûts énergétiques et risques sécuritaires. À titre d’exemples :
- augmentation du prix du pétrole et du gaz touchant industries et ménages,
- perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz et hausse des primes d’assurance pour le transport,
- escalade cybernétique et désinformation ciblée visant l’opinion publique européenne.
Ces éléments illustrent que l’impact dépasse le théâtre des opérations et touche directement la stabilité intérieure des États européens.
Alternatives proposées pour éviter l’escalade
Plutôt que la confrontation militaire, Amellal plaide pour des stratégies de désescalade et d’autonomie stratégique européenne. Ses recommandations opérationnelles incluent :
- renforcer les canaux diplomatiques multilatéraux (UE, ONU) et relancer les négociations sur le nucléaire iranien,
- coordonner des mesures économiques ciblées pour maintenir des leviers sans provoquer une guerre ouverte,
- développer des mécanismes de prévention des crises (plateformes d’échange militaire-civil et backchannels).
Des exemples concrets existent, comme les médiations passées autour du JCPOA ou les accords temporaires sur le transit maritime, qui montrent la valeur des solutions diplomatiques.
Le rôle de la société civile et des intellectuels dans cette prévention
Amellal incarne aussi l’importance de l’action non gouvernementale : écrivains, enseignants, think tanks et entreprises peuvent contribuer à réduire les tensions. Exemples d’initiatives utiles :
- tribunes publiques et analyses factuelles pour éclairer l’opinion et les décideurs,
- programmes universitaires formant des experts en gestion des crises et en médiation régionale,
- projets économiques conjoints (clusters, PME franco‑algériennes) qui créent des interêts mutuels.
Ces démarches montrent que, face aux risques géopolitiques, la prévention repose autant sur la diplomatie d’État que sur des réseaux d’acteurs engagés et informés.









