
Les musiciens africains à l’honneur à Dakar
L’exposition « AfrikaKatika Muziki » présentée au Musée des Civilisations Noires donne à voir trente ans de concerts et de festivals à travers le regard du journaliste-photographe Samuel Nja Kwa. Ce condensé visuel rend hommage aux scènes d’Afrique et aux artistes qui les portent, de Bamako à Lagos, de Dakar à Kinshasa. Exemple précis : la galerie rassemble une soixantaine de portraits d’artistes reconnus comme Amadou et Mariam, Davido, Papa Wemba ou Femi Kuti, montrant à la fois l’intensité des spectacles et l’humanité des interprètes.
Trente ans de scènes : le regard du photographe
Samuel Nja Kwa a construit son œuvre en suivant les tournées et les festivals africains ; son approche varie du noir et blanc intimiste au format couleur flamboyant. Exemple précis : sa photo du trompettiste sud‑africain Hugh Masekela prise en 1999 illustre la transformation du musicien sur scène, un moment de métamorphose capté au plus près. Points clés de sa démarche :
- Proximité : plans serrés sur l’instrument et le visage.
- Variété : alternance de scènes vibrantes et de coulisses silencieuses.
- Temporalité : archives couvrant plusieurs décennies pour suivre l’évolution des scènes.
Portraits qui racontent une diversité musicale
Les visages exposés reflètent la richesse des traditions et des courants contemporains africains : du mbalax sénégalais aux musiques urbaines nigérianes, en passant par la rumba congolaise et le reggae ivoirien. Exemple précis : des groupes d’écoliers sénégalais photographient les panneaux et reconnaissent des figures comme Youssou N’Dour, tandis que leur professeur Leyti Ndiaye rappelle que ces artistes transmettent un savoir culturel. Genres et origines mis en lumière :
- Sénégal : mbalax, voix publiques (Youssou N’Dour, Omar Pène).
- Mali : blues et musiques traditionnelles (Amadou et Mariam).
- Nigeria : afrobeats contemporains (Davido).
- RDC : rumba et patrimoine (Papa Wemba).
Un lieu de rencontres entre patrimoine et industrie
Le musée ne se contente pas d’exposer : il accueille aussi le Dakar Music Expo, attirant des professionnels venus d’Afrique et d’Europe. Exemple précis : le tourneur et producteur français Benjamin Lévy a parcouru l’exposition et commenté la force visuelle des images, évoquant des envies d’acquisition et d’échange. Rôles représentés au rendez-vous :
- Tourneurs et directeurs de festivals.
- Producteurs et promoteurs.
- Programmateurs et acteurs culturels.
Musique comme vecteur d’influence sociale
Les photographies rappellent que les artistes africains sont aussi des acteurs sociaux : porte‑paroles culturels, leaders d’opinion, parfois entrepreneurs ou figures engagées. Comme le souligne Ibrahima Wane, président du conseil d’administration du musée, ces musiciens « portent le message de l’Afrique » et participent à la diffusion des langues et des savoirs. Modes d’influence observés :
- Culturelle : diffusion de langues et traditions par la chanson.
- Économique : création d’emplois et dynamisation des filières.
- Politique : prises de parole publiques et engagements citoyens (ex. Femi Kuti).
Vers d’autres scènes : conservation et diffusion
L’exposition intégrera la collection du musée et est prévue pour circuler dans plusieurs villes du pays, prolongeant sa vocation pédagogique et patrimoniale. Exemple précis : le passage de l’exposition durant le Dakar Music Expo a permis d’initier des ateliers pédagogiques avec des élèves et des rencontres professionnelles. Enseignements et perspectives :
- Transmission : éducation des jeunes aux patrimoines musicaux.
- Rayonnement : diffusion des images et des histoires au-delà de Dakar.
- Archivage : conservation des clichés comme mémoire des scènes africaines.





