
Un choc humanitaire majeur au cœur du Liban
La guerre récente a provoqué le déplacement d’environ 1,2 million de personnes, soit près d’un cinquième de la population libanaise, ajoutant une pression considérable à un pays déjà fragilisé par la crise économique de 2019 et d’autres chocs (dont l’explosion du port de Beyrouth en 2020). Cet afflux massif de déplacés crée un besoin urgent en abri, soins et services de base, transformant une crise localisée en un défi national aux dimensions sociales et économiques.
Profils et lieux d’arrivée : qui sont les déplacés ?
Les déplacés sont majoritairement des familles avec enfants, des personnes âgées et des personnes vulnérables qui ont quitté des zones de combat pour des quartiers urbains, des banlieues et des localités moins exposées. Exemple : des ménages multi‑générationnels se retrouvent à partager des appartements en banlieue, augmentant la pression sur le logement et les services de santé locaux. Ces mouvements modifient les besoins habituels d’assistance et accroissent les tensions avec les communautés d’accueil.
Besoins prioritaires et impacts immédiats
Les besoins humanitaires se conjuguent et se renforcent mutuellement ; parmi les priorités urgentes figurent :
- Abri : mise à disposition d’hébergements temporaires et d’aide au loyer.
- Santé : renforcement des hôpitaux et déploiement de cliniques mobiles face à l’afflux de patients.
- Alimentation et eau : distributions et réhabilitation des réseaux d’eau potable.
- Protection : prise en charge des personnes vulnérables, lutte contre l’exploitation.
- Éducation : maintien de l’accès scolaire pour les enfants déplacés.
Exemple concret : des centres de santé dans les régions d’accueil rapportent une saturation des services de maternité et une augmentation des besoins en vaccins et en soins pédiatriques.
Financement : un milliard demandé, des réponses insuffisantes
Le gouvernement a sollicité environ 1 milliard de dollars pour répondre aux besoins urgents ; à ce jour, les promesses et fonds mobilisés restent très en deçà de ce montant. Un prêt de 200 millions de dollars signé avec la Banque mondiale cible les populations les plus vulnérables, tandis que les montants débloqués restent inférieurs aux 720 millions obtenus lors du conflit de 2024. Exemple : certains bailleurs internationaux se montrent réticents à débloquer des fonds supplémentaires en raison de risques politiques et du manque de garanties institutionnelles.
Arbitrages nationaux et conséquences sociales
Pour libérer des liquidités, le gouvernement envisage de redéployer des prêts destinés à des projets d’infrastructure et a décidé de reporter l’application d’augmentations salariales dans la fonction publique (estimées à 800 millions de dollars annuels). Ces décisions constituent des arbitrages douloureux : elles permettent une réponse immédiate mais risquent d’accroître la précarité et les tensions sociales. Exemple : le report des augmentations salariales peut réduire la consommation locale, peser sur les commerces de quartier et alimenter des mouvements de contestation.
Scénarios pour la stabilité et pistes d’action prioritaires
La stabilisation passe par une combinaison d’aides internationales accrues et d’actions nationales ciblées. Priorités clés :
- Renforcement coordonné des réponses humanitaires (État, ONU, ONG) pour éviter les doublons et combler les lacunes.
- Appui financier international conditionné à la transparence et à la gestion ciblée des fonds.
- Programmes d’aide en espèces et filets sociaux pour protéger les revenus des ménages.
- Réhabilitation des services essentiels (santé, eau, éducation) et soutien aux communes d’accueil.
- Mesures politiques pour réduire les risques d’escalade et garantir la protection des populations.
Exemple d’action efficace : le déploiement de cliniques mobiles et de distributions en espèces, combiné à une coordination renforcée entre agences, a montré son utilité lors des crises précédentes et peut être amplifié pour répondre à l’urgence actuelle.





