Un nouvel outil pour mieux mesurer l’impact des chercheurs
Le h-index est largement utilisé pour évaluer l’impact d’un chercheur à partir du nombre de publications et des citations, mais il traite chaque article de la même façon, sans tenir compte de la position d’un auteur dans la liste. Une extension de navigateur, GScholarLens, propose une approche différente pour les utilisateurs de Google Scholar en introduisant un indice pondéré, le Scholar h-index (Sh-index), qui intègre la place occupée par un chercheur parmi les auteurs.
Principe et barème de pondération
GScholarLens attribue des pondérations distinctes selon la position dans la liste d’auteurs afin de refléter la contribution présumée :
- Dernier / correspondant : 100 % des citations du papier comptent pour le Sh-index.
- Premier auteur : 90 % des citations.
- Deuxième auteur : 50 % des citations.
- Autres co-auteurs : 25 % si ≤ 6 auteurs, 10 % si ≥ 7 auteurs.
Ces pourcentages visent à valoriser les rôles typiquement associés à la direction ou à la conduite principale du travail — premiers et derniers auteurs — tout en reconnaissant les contributions intermédiaires.
Objectifs et utilisations attendues
Le Sh-index a été conçu pour rendre les évaluations plus justes et nuancées pour différents publics :
- Chercheurs : mieux distinguer les rôles de leadership scientifique versus contributions collaboratives.
- Institutions : affiner les décisions de recrutement, de promotion et d’attribution de fonds.
- Politiques d’évaluation : proposer un indicateur complémentaire qui reflète la position d’auteur.
Par exemple, un chercheur souvent co-auteur sur des articles très cités mais rarement premier ou dernier auteur verra son h-index traditionnel élevé, tandis que son Sh-index restera bas, donnant une image plus fidèle de son type de contribution.
Limites et critiques méthodologiques
Plusieurs limites méthodologiques doivent être prises en compte :
- Authorship ≠ contribution : la position d’auteur ne reflète pas toujours précisément l’effort réel (ex. deux personnes effectuent la même tâche mais reçoivent des positions différentes).
- Correspondant non systématiquement dernier : GScholarLens suppose parfois que l’auteur correspondant est le dernier, hypothèse qui n’est pas universelle.
- Variations disciplinaires : les conventions d’ordre des auteurs diffèrent selon les domaines (par ex. alphabétique en mathématiques), ce qui complique l’interprétation.
Ces limites montrent que la pondération améliore certaines évaluations mais ne capture pas toutes les nuances des contributions individuelles.
Exemples concrets d’application
Trois scénarios illustrent comment le Sh-index modifie l’interprétation des carrières :
- Chercheur A : co-auteur sur plusieurs articles très cités mais rarement premier/dernier → h-index élevé, Sh-index faible → profil de contributeur collaboratif.
- Chercheur B : auteur principal sur de nombreux articles modérément cités → h-index et Sh-index cohérents et élevés → profil de leader scientifique.
- Chercheur C : publications en grand nombre avec positions variables → Sh-index permet de détecter des pratiques discutables comme l’« author gifting » si la contribution réelle est faible malgré une présence fréquente dans la liste des auteurs.
Perspectives et adaptations possibles
Les concepteurs de GScholarLens prévoient d’adapter le système en fonction des retours utilisateurs et des différences disciplinaires. Parmi les pistes d’évolution :
- Personnalisation des pondérations selon les domaines ou selon les préférences des évaluateurs.
- Intégration d’informations complémentaires (contributions déclarées, rôles CRediT) pour affiner la mesure.
- Usage combiné : utiliser Sh-index avec d’autres indicateurs qualitatifs pour une évaluation plus robuste.
Ainsi, le Sh-index apparaît comme un outil complémentaire et dynamique pour améliorer la justice et la précision des évaluations scientifiques, tout en nécessitant prudence et adaptation aux contextes disciplinaires.







