Shiguéhiko Hasumi : Une figure emblématique du cinéma japonais
À 89 ans, Shiguéhiko Hasumi se prépare à faire sa première apparition officielle aux États-Unis. Considéré comme le plus grand critique et théoricien du cinéma vivant au Japon, Hasumi va être célébré à travers une série de projections à la Japan Society de New York, du 9 au 18 octobre. Cet événement coïncide avec la publication tant attendue de la traduction anglaise de son ouvrage phare, Directed by Yasujiro Ozu, par l’University of California Press.
Une voix longtemps inentendue
Les écrits de Hasumi ont longtemps été vénérés par les cinéastes et cinéphiles occidentaux, mais ils sont restés en grande partie inaccessibles en raison de leur langue originale. Cette présentation à New York offre ainsi l’opportunité de découvrir un angle souvent négligé de l’histoire du cinéma japonais, où les critiques occidentaux ont dominé la narration. Comme l’a souligné Chris Fujiwara, la vision d’Ozu en Occident a été profondément influencée par seulement quelques auteurs, laissant peu de place à la perception japonaise.
Un pédagogue influent
Hasumi est reconnu pour avoir révolutionné l’étude du cinéma au Japon grâce à ses célèbres conférences à l’Université Rikkyo dans les années 1970. Ses étudiants ont souvent été les pionniers du cinéma indépendant japonais, parmi eux des réalisateurs acclamés comme Kiyoshi Kurosawa et Shinji Aoyama. Son influence continue de se manifester chez les nouvelles générations, y compris chez Ryusuke Hamaguchi, le lauréat du dernier Oscar.
Liens avec les auteurs internationaux
Tout au long de sa carrière, Hasumi a établi des relations avec des figures majeures du cinéma international, tels que Jean-Luc Godard, Pedro Costa et Wim Wenders. Son interaction avec ces auteurs a contribué à enrichir son approche académique et critique, façonnant ainsi le paysage du cinéma contemporain japonais.
Une programmation audacieuse à New York
Pour son programme new-yorkais, Hasumi a eu carte blanche, résultant en une sélection qui brouille les frontières entre le cinéma américain et japonais. Des films comme Collateral de Michael Mann et Tokyo Drifter de Seijun Suzuki seront présentés côte à côte. En outre, de jeunes réalisateurs, comme Sho Miyake, également un protégé de Hasumi, participeront à des discussions enrichissantes.
Un événement à ne pas manquer
Cette série de projections n’est pas seulement une introduction au travail de Shiguéhiko Hasumi, mais elle offre également un aperçu de sa méthode critique. Un moment fort sera la projection de John Ford and Throwing – Complete Edition, co-réalisé avec Miyake, qui sera présent à New York pour partager son expérience. Cet événement promet d’être une rencontre fascinante pour tous les amoureux du cinéma.
Programmation des projections (pour plus d’infos, consultez la Japan Society) :
- 9 octobre : Collateral (Michael Mann, 2004) à 19 h ; Tokyo Drifter (Seijun Suzuki, 1966) à 21 h 15.
- 10 octobre : The Story of the Last Chrysanthemum (Kenji Mizoguchi, 1939) à 18 h 30 ; Beautiful New Bay Area Project (Kiyoshi Kurosawa, 2013) et Le Petit Chaperon rouge (Shinji Aoyama, 2008) à 21 h 30.
- 11 octobre : Wheel of Fortune and Fantasy (Ryusuke Hamaguchi, 2021) à 15 h ; That Night’s Wife (Yasujiro Ozu, 1930) à 18 h ; Living on the River Agano (Makoto Sato, 1992) à 20 h 15.
- 16 octobre : They Live by Night (Nicholas Ray, 1948) à 19 h ; The Boston Strangler (Richard Fleischer, 1968) à 21 h.
- 17 octobre : Small, Slow but Steady (Sho Miyake, 2022) à 18 h 30 avec Q&A ; Tsuruhachi and Tsurujiro (Mikio Naruse, 1938) à 21 h 30.
- 18 octobre : Kentucky Pride (John Ford, 1925) à 15 h 30 ; …All the Marbles (Robert Aldrich, 1981) à 17 h 30 ; On Hasumi and Ford: Talk & Screening à 20 h.




