Un Four à Pain au Cœur de Calais
Dans la cour du Channel à Calais, un projet audacieux prend forme. Yann, un passionné de boulangerie, façonne des morceaux de pâte élaborés par Marion et préparés par Andrea. Le four artisanal, alimenté au bois de récupération, mettra plus de trois heures à atteindre une température de 240°C, essentielle pour cuire les 60 kilos de pain prévus ce jour-là.
Une Initiative Solidaire pour les Migrants
Ce mardi de janvier, le pain produit est destiné aux migrants de Calais, grâce au partenariat avec le Secours catholique qui s’engage à en récupérer et à le distribuer. En plus de la production, l’équipe s’engage à fournir du pain trois fois par semaine, soutenue par le financement de l’association.
L’Internationale Boulangère Mobilisée
Yann est membre de l’Internationale boulangère mobilisée (IBM), un collectif formé en 2018 après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce réseau de boulanger·es vise à créer des actions de solidarité, en utilisant des fours mobiles construits par des membres d’Atelier Paysan, une coopérative d’auto-construction.
Des Dons et un Savoir-Faire Partagé
Les ingrédients et les outils nécessaires pour la production de pain proviennent de dons au sein du réseau. L’équipe, composée de personnes aux parcours variés, travaille ensemble pour partager un savoir-faire artisanal et engagé. Par exemple, Andrea et Marion envisagent de former d’autres bénévoles pour garantir la pérennité de cette initiative solidaire.
Un Pain Inspiré par la Demande des Exilés
Bien que la production rencontre un certain succès auprès du public local, les migrants ne semblent pas toujours apprécier le pain traditionnel produit. Feuille de pain brioché, plus douce, a été introduite pour répondre aux goûts variés des bénéficiaires. Le projet évolue ainsi pour s’adapter à leurs besoins, tout en préservant un savoir-faire artisanal.
Un Lien à Renforcer avec les Réfugiés
Les membres de l’équipe ont tenté de tisser des liens avec les réfugiés, mais les objectifs de traversée de la Manche rendent cet échange difficile. Yann, qui a été bénévole pour l’association Utopia 56, insiste sur l’importance de porter un regard attentif aux enjeux humains de la frontière, en plus de la simple production de pain.

















