Un portrait collectif qui capte l’esprit du Met Gala 2026
Thom Browne a renouvelé sa tradition annuelle au Pierre Hotel en réunissant une constellation de personnalités pour un portrait de classe réalisé après le Met Gala 2026, placé sous le thème « Costume Art ». La photo rassemble des figures du cinéma, du sport, de la musique et de la mode — notamment Dwayne Johnson et Lauren Hashian, Adut Akech, Bill Skarsgård, Olivia Wilde, Skepta, Finn Wolfhard, Lindsey Vonn, Marcello Hernández, Amy Sherald et le chanteur chinois Cai Xukun (KUN) — autour d’un propos esthétique en écho à l’exposition d’Andrew Bolton. Points essentiels :
- Lieu et tradition : portrait post-Met au Pierre Hotel.
- Thème curatoriel : examen du corps comme forme.
- Rapprochement musée-mode : la mode en dialogue direct avec une exposition muséale.
Le concept : le corps décliné en typologies
Browne a organisé ses créations comme une série de « corps » — des lectures sculpturales et symboliques du corps humain et de son histoire dans le vêtement. Chaque invité incarne une idée précise, transformant le tapis rouge en une galerie vivante. Exemples et correspondances :
- Adut Akech = « The Pregnant Body » (naissance et transformation).
- Chase Infiniti = « The Naked Body » (trompe-l’œil et allusion anatomique).
- Marcello Hernández = « The Classical Body » (tailoring intemporel).
- Dwayne Johnson & Lauren Hashian = « The Mortal Body » (dualité force/élégance).
- KUN = « The Vital Body » (intérieur circulatoire, organes suggérés).
Techniques et matériaux : l’artisanat au service de l’idée
Les silhouettes se distinguent par des savoir-faire extrêmement détaillés — broderies, perles, plis et fleurs façonnés à la main — qui traduisent l’idée du corps en matière. Chiffres et techniques remarquables :
- Adut Akech : plus de 1 100 fleurs en organza de soie faites main et pétales roses signifiant une rumeur de sexe féminin.
- Chase Infiniti : environ 1,5 million de sequins empilés et franges en soie sur plus de 600 coloris.
- KUN : plus de 400 000 sequins et perles dégradées pour évoquer le système circulatoire.
- Olivia Wilde : près de 300 mètres de tulle en volumétries superposées, corseterie apparente.
- Dwayne Johnson : 350 mètres de rubans de soie plissés à la main pour composer une structure squelettique.
Looks marquants et leur symbolique
Chaque tenue fonctionne comme un exemple précis d’une idée : le vêtement n’est pas seulement esthétique, il raconte, évoque et interroge. Des descriptions synthétiques :
- Adut Akech — veste en sequins noire, robe en tulle translucide : symbolique de la naissance et de l’évolution corporelle.
- Chase Infiniti — robe trompe-l’œil inspirée de la Vénus de Milo : illusion anatomique et hommage à la sculpture classique.
- Dwayne Johnson & Lauren Hashian — queue-de-pie mohair, jupe plissée et robe halter : tension entre mortalité et élégance.
- KUN — veste et broderies rouges en dégradé : métaphore du sang, des poumons et de la vitalité interne.
- Skepta — combinaison brodée reproduisant ses tatouages : le vêtement comme seconde peau, littéralement inscrit.
Réception culturelle : entre musée, mode et représentation
Le projet illustre comment la mode contemporaine se mue en discours muséal et sociétal, utilisant célébrités comme des toiles vivantes pour des idées complexes sur l’identité et le corps. Enjeux repérés :
- Dialogue musée-mode : le Met Gala transforme une exposition en performance publique.
- Visibilité globale : diversité d’origines (Afrique, Asie, Amérique) et médiatisation planétaire.
- Artisanat valorisé : retour de la main et de l’archive dans la haute couture.
- Questions contemporaines : genre, transformation corporelle, historicité des formes.
Héritage possible et pistes d’influence
Les méthodes et les visées narratives de Browne laissent des traces concrètes pour la mode, le costume et le design muséal : reconquête du détail artisanal, hybridation vêtement/installation, et réemploi de l’archive. Enseignements et perspectives :
- Adoption accrue de techniques artisanales visibles (plis, broderies massives, appliqués).
- Collaboration renforcée entre musées et créateurs pour produire des récits portés par le vêtement.
- Influence sur la scénographie des défilés et sur la façon dont les célébrités deviennent vecteurs d’interprétation artistique.
- Valorisation d’archives personnelles (comme les 25 ans de matériaux évoqués par Browne) pour créer des pièces « historiques » à portée conceptuelle.










