
Lancement mesuré de la campagne référendaire à Conakry
Le 31 août, le lancement officiel de la campagne pour le référendum du 21 septembre s’est déroulé dans une atmosphère plutôt calme à Conakry. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un démarrage de campagne, ni le gouvernement ni les principaux partis d’opposition n’ont organisé de rassemblements publics — ces derniers étant suspendus par les autorités et donc interdits de mener des activités politiques. Seuls quelques mouvements de soutien à la Transition ont animé la journée par des actions festives et des marches locales.
Des partisans mobilisés malgré la pluie
Des centaines de partisans du « Oui » se sont rassemblés malgré des conditions météorologiques défavorables pour manifester leur adhésion au projet constitutionnel porté par le président de la Transition, Mamadi Doumbouya. Exemple concret : une marche depuis le Palais du peuple jusqu’au Palais présidentiel, avec des participants vêtus de t-shirts blancs arborant des slogans en faveur du vote « oui ». Ce type de mobilisation symbolique illustre l’existence d’un noyau d’appui visible pour la réforme proposée.
Fêtes locales et visibilité des soutiens
Dans des quartiers comme Hamdallaye, des mouvements pro-Transition ont organisé de petites fêtes pour marquer le coup d’envoi de la campagne. Ces rassemblements, plus informels, montrent :
- La capacité d’organisation de réseaux locaux pro-gouvernementaux.
- Une stratégie de visibilité axée sur la convivialité plutôt que sur de grands meetings.
- Un message uniforme : « Oui à la Constitution », repris en chœur par les participants.
Ces événements renforcent l’image d’un camp pro-réforme actif sur le terrain, même si leur ampleur reste limitée.
Silence ou ressentiment des opposants
Le silence forcé des partis d’opposition (UFDG, RPG, UFR, PRP) est notable et suscite des réactions dans la population. Exemple d’un témoignage recueilli : un quinquagénaire assis près d’une boulangerie a exprimé son regret que les principaux partis ne puissent pas faire campagne, allant jusqu’à déclarer : « Je ne voterai pas si seulement un seul camp peut faire campagne ». Ce sentiment illustre un risque d’asymétrie dans la compétition politique et un possible désenchantement d’une partie des électeurs.
Une indifférence publique marquée
Les enquêtes de terrain dans les rues de Conakry révèlent une certaine indifférence au lancement officiel. De nombreux passants semblaient peu concernés par l’événement, ce qui peut s’expliquer par :
- La fatigue politique après plusieurs années d’instabilité.
- La perception d’un processus inéquitable si l’opposition est réduite au silence.
- Un scepticisme vis-à-vis de l’impact réel d’une nouvelle Constitution sur la vie quotidienne.
Cette indifférence laisse planer l’incertitude sur le taux de participation au scrutin.
Vers une possible confrontation politique
Le démarrage calme de la campagne pourrait être de courte durée : les Forces vives, qui rassemblent notamment des partis suspendus, prévoient une manifestation pour le vendredi 5 septembre. Elles doivent prochainement préciser leur position — appeler au non ou encourager le boycott du 21 septembre. Selon l’option choisie, la dynamique du référendum pourrait changer rapidement, entraînant soit une polarisation accentuée, soit une chute de la participation électorale.





