
Arrestations ciblées lors d’un hommage : une réaction planifiée
Des dizaines de personnes ont été arrêtées lors d’une cérémonie en mémoire de l’avocat Khosrow Alikordi, retrouvé mort dans des circonstances jugées suspectes. Selon des témoignages, ces interpellations à Mashhad n’étaient pas fortuites : elles semblent avoir été programmées pour étouffer toute expression publique de contestation et intimider la société civile.
Situation des détenus et incertitudes familiales
Les familles ont d’abord reçu des appels très brefs confirmant la détention collective, puis plus rien pendant plusieurs jours. Des proches ont finalement pu joindre certains détenus de manière sporadique : ils sont vivants mais ignorent leur lieu de détention et les charges éventuelles. Exemple précis : la sœur de Mahshid Nazemi a pu seulement dire qu’elle « allait bien » sans connaître le motif de son enfermement.
Chiffres, profils et disparités dans les arrestations
Les autorités parlent officiellement de 39 arrestations, tandis que des recensements indépendants en attribuent près de 50. Parmi eux :
- Personnalités connues : défenseurs des droits, journalistes, et opposants reconnus (quelques personnes ont été relâchées sous caution).
- Citoyens ordinaires : certains faisant face à leur première détention, victimes également de violences lors des interpellations.
- Cas connus : Narges Mohammadi (prix Nobel de la paix) et la photojournaliste Alieh Motalebzadeh figurent parmi les détenues dont les familles ont reçu des informations limitées.
Objectifs politiques derrière la répression
Le contraste entre deux cérémonies proches dans le temps illustre la stratégie : à Sabzevar, des manifestants ont scandé des slogans sans intervention massive des forces, tandis qu’à Mashhad la présence d’activistes et de figures publiques a été immédiatement réprimée. Cela laisse penser que l’objectif était clair : neutraliser les voix influentes et dissuader de futures mobilisations. Exemple : la présence d’opposants venus de différentes régions a été utilisée comme prétexte pour procéder à des arrestations ciblées.
Risques juridiques et menaces d’accusations graves
Dans le contexte post-conflit avec Israël, le régime dispose d’un levier juridique redoutable : accuser des détenus d’espionnage ou de collaboration avec un « ennemi ». Si une lauréate du prix Nobel peut être visée par de telles accusations, le risque est réel pour tout militant arrêté. Conséquences possibles :
- Charges lourdes et procès politisés
- Isolement prolongé et accès limité aux soins
- Pressions pour obtenir des aveux ou des confessions forcées
Mobilisation extérieure et voies d’appui
Pour limiter l’arbitraire, il est crucial que la communauté internationale, les ONG de défense des droits et les médias gardent la pression. Actions concrètes recommandées :
- Documenter et diffuser les témoignages et vidéos montrant la violence des arrestations.
- Exiger des informations sur le lieu de détention, l’état de santé et les charges pour chaque détenu.
- Mettre en lumière les cas individuels (par ex. la sœur de Mahshid Nazemi) pour empêcher l’effacement des victimes.
Une vigilance continue et une solidarité publique permettent de réduire le risque que des détenus soient oubliés ou accusés arbitrairement. Le maintien de l’attention médiatique et diplomatique est une arme clé pour protéger les droits fondamentaux des personnes concernées.








