Mobilisation Agricole : Une Réaction Collective Face à la Crise Sanitaire
Le 14 décembre 2025, des éleveurs de bovins se sont mobilisés à travers le Sud-Ouest de la France en réponse à la politique d’abattage des vaches atteintes de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ces actions ont pris diverses formes, allant des routes bloquées au déversement de lisier. En fin de journée, plus de 1 000 agriculteurs avaient été comptabilisés, selon le ministère de l’Intérieur, témoignant d’un mécontentement grandissant face aux décisions gouvernementales.
Un Front Uni contre l’Abattage Massif
Les agriculteurs ont organisé plusieurs actions, notamment en Ariège et Haute-Garonne. À Tarascon-sur-Ariège, près de 150 éleveurs ont bloqué l’accès à une route importante. À Benque, des agriculteurs ont manifesté devant une ferme suspectée d’être contaminée. Sur l’A64, des tracteurs ont formé un mur sur plus de 100 kilomètres, accompagnés de sapins de Noël, affirmant leur intention de rester mobilisés malgré l’approche des fêtes. Les agriculteurs reprochent au gouvernement une gestion inefficace de la crise sanitaire, qualifiant ces mesures d’abattage généralisé de « guerres ».
Le plaidoyer pour la Vaccination
Les leaders agricoles, tels que Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale, prônent une vaste vaccination du cheptel français plutôt que l’abattage. Cette méthode est jugée plus respectueuse des élevages, permettant de préserver l’expertise génétique acquise au fil des années. En réaction à cette mobilisation, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a souligné qu’il n’y avait pas de foyers actifs de DNC, défendant un protocole de vaccination ciblée plutôt qu’une vaccination de masse, qui pourrait avoir des répercussions économiques sur l’industrie agricole.
Une Réponse Gouvernementale Controversée
La ministre Genevard a insisté sur l’efficacité de la stratégie actuelle, qui combine abattage et vaccination ciblée. Le gouvernement estime que vacciner l’ensemble du cheptel entraînerait des restrictions d’exportation, mettant en péril l’économie agricole. En réponse aux inquiétudes des éleveurs, des réunions de crise ont été planifiées pour discuter de la situation sanitaire et des mesures éventuelles de vaccination.
Appels à l’Intervention du Gouvernement
Face à l’intensification de la colère des agriculteurs, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a écrit au premier ministre pour appeler à une communication ouverte avec les acteurs du secteur. Elle a décrit la situation comme une crise profonde qui nécessite une attention immédiate. La lettre met en lumière les frustrations croissantes des agriculteurs face à des décisions jugées désastreuses pour leur profession.
Contexte Économique : Les Accords du Mercosur en Ligne de Mire
En parallèle des préoccupations sanitaires, la colère des agriculteurs est exacerbé par des enjeux économiques, notamment les accords commerciaux du Mercosur. Le président de la République a demandé un report de la signature de ces accords, craignant qu’ils ne nuisent davantage aux agriculteurs français. Ce climat de mécontentement s’inscrit dans un contexte plus large, où les agriculteurs se battent pour des protections solides contre des politiques susceptibles d’affecter leur futur.
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