
Un aperçu du plan de « phase 2 » pour Gaza
La « phase 2 » du plan initié par l’administration Trump se concentre sur la stabilisation et la reconstruction de la bande de Gaza après les hostilités, avec des objectifs clairs : le désarmement du Hamas, le retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement d’une force internationale pour garantir la sécurité et former des unités de police palestiniennes. Ce dispositif se veut à la fois politique, sécuritaire et économique, mêlant acteurs internationaux et organes dirigés depuis Washington.
Le Conseil de la paix : une instance de pilotage influente
Le Conseil de la paix est présenté comme l’instance centrale chargée de guider la reconstruction et de coordonner le financement. Présidé par Donald Trump, il ambitionne de travailler sur :
- Renforcement des capacités de gouvernance;
- Relations régionales et diplomatie économique;
- Attraction des investissements et mobilisation de capitaux;
- Financement à grande échelle pour les projets de reconstruction.
Parmi les membres figurent des personnalités politiques et économiques internationales (anciens dirigeants, financiers, conseillers). La charte diffusée indique une portée plus large que Gaza, ce qui soulève des questions sur la vocation et la pérennité de cette structure.
Le comité technocratique palestinien : gestion administrative provisoire
Sous la supervision du Conseil de la paix, le comité technocratique palestinien de 15 membres a pour mission de gérer l’administration provisoire de Gaza. Ses tâches principales incluent :
- Restauration des services publics essentiels (eau, électricité, santé) ;
- Reconstruction des institutions civiles (administration locale, justice, éducation) ;
- Stabilisation de la vie quotidienne (sécurité, mobilité, aide humanitaire).
Présidé par Ali Shaath, ce comité a commencé ses travaux au Caire, illustrant l’intention de confier la gestion quotidienne à des techniciens palestiniens tout en restant sous supervision internationale.
L’Executive Board : organe consultatif international
Le Comité exécutif (ou « executive board ») joue un rôle consultatif sous l’égide du Conseil de la paix. Sa vocation est de favoriser une gouvernance efficace et une fourniture de services de haut niveau pour la population gazaouie. On y trouve un mélange d’acteurs :
- Conseillers politiques (anciens envoyés internationaux) ;
- Représentants régionaux (ministres et diplomates) ;
- Acteurs économiques (investisseurs et chefs d’entreprise).
La composition, mêlant personnalités israéliennes, arabes et internationales, a suscité des critiques, notamment du gouvernement israélien, sur la légitimité et les finalités de ce groupe.
Les enjeux sécuritaires : force internationale et police palestinienne
Un volet-clé du plan est le déploiement d’une force internationale de stabilisation chargée de sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes. Objectifs concrets :
- Garantir la sécurité des populations pendant la reconstruction ;
- Former et encadrer des unités de police locales professionnelles ;
- Faciliter le désarmement des groupes armés et prévenir les violences
Exemples pratiques : patrouilles mixtes, centres de formation policiers, partage de renseignements et missions de maintien de l’ordre sous mandat multinational.
Points de tension et perspectives réalistes
Le projet combine opportunités et risques ; parmi les points à surveiller :
- Légitimité : la cooptation des membres et le rôle prépondérant de Washington posent la question d’un remplacement effectif ou non de l’ONU ;
- Financement : la mobilisation de capitaux privés et publics est essentielle mais dépendante d’engagements politiques durables ;
- Acceptation locale : l’adhésion des Palestiniens et des acteurs régionaux déterminera la réussite administrative et sécuritaire ;
- Durabilité : sans processus politique inclusif, les avancées sécuritaires et économiques risquent d’être temporaires.
Exemples concrets d’impacts possibles : réhabilitation d’hôpitaux et d’écoles, relance d’activités économiques locales par des investissements ciblés, mais aussi risques d’opposition politique et de fragmentation si les acteurs clés ne sont pas associés.
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