Nouvelle offensive houthiste frappant Aden et l’Arabie saoudite

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Une escalade militaire qui secoue le Yémen et l’Arabie saoudite

Les Houthis ont revendiqué samedi plusieurs attaques visant Aden, dans le sud du Yémen, ainsi que des cibles en Arabie saoudite, au moment où les échanges de frappes se multiplient entre les rebelles yéménites et la coalition menée par Riyad. Cette nouvelle vague d’hostilités s’inscrit dans un contexte déjà explosif, nourri par des frappes revendiquées d’un côté comme de l’autre, et par des accusations réciproques autour de la sécurité des grandes villes, des aéroports et des infrastructures stratégiques.

Aden, cible symbolique et stratégique

Selon le porte-parole militaire houthi Yahya Saree, les forces rebelles ont visé le camp dit Al-Nasr et la base navale d’Aden, deux sites présentés comme contrôlés par la coalition saoudienne. Des explosions ont été entendues dans la ville, qui sert de siège provisoire au gouvernement yéménite. Le ministère de l’Intérieur du gouvernement a, de son côté, indiqué que l’attaque avait touché le quartier général des garde-côtes et un autre bâtiment, sans confirmer la mention de la base navale.

  • Aden reste un enjeu militaire majeur pour les deux camps.
  • La ville abrite les institutions gouvernementales yéménites relocalisées.
  • Les Houthis y ont déjà mené plusieurs attaques, dont certaines contre des sites officiels.

Riyad, Dammam, Najran : les Houthis étendent la pression

Les rebelles ont également affirmé avoir frappé, sur les dernières 24 heures, l’aéroport international de Riyad, les aéroports de Dammam et de Najran, ainsi que la base aérienne de Khamis Mushait. Ils disent aussi avoir visé des stations de pompage de pétrole et un oléoduc reliant l’est à l’ouest du royaume. En parallèle, les autorités saoudiennes ont dénoncé des tirs visant La Mecque et Médine, accusations que les Houthis ont niées, en affirmant qu’ils ne ciblaient pas les deux villes saintes de l’islam.

Cette stratégie vise clairement à augmenter la pression militaire et psychologique sur le royaume saoudien, en touchant à la fois ses hubs aériens, ses installations pétrolières et ses symboles religieux.

Sanaa et Mokha frappées par la coalition

Dans l’autre sens, la chaîne houthie Al-Masirah a fait état de frappes saoudiennes sur Sanaa et sur la ville portuaire de Mokha. Elle a parlé d’« une série de frappes » sur la capitale yéménite et d’« une vingtaine de frappes » sur Mokha. À Sanaa, au moins quatre morts ont été signalés après une frappe sur une habitation. Dans le district de Hamdan, près de la capitale, une cimenterie aurait été touchée, causant selon des responsables locaux la mort de six femmes et d’un enfant.

À Hodeida, toujours d’après les autorités liées aux Houthis, cinq membres d’une même famille auraient péri dans une autre attaque. Ces bilans illustrent le coût humain élevé du conflit, où des zones résidentielles, industrielles et portuaires se retrouvent exposées aux frappes.

Des interceptions de missiles au cœur de la défense saoudienne

La coalition menée par Riyad a annoncé avoir intercepté trois missiles balistiques visant Riyad, Taïf et Yanbu, ainsi qu’un drone dans une province orientale. Deux explosions ont été entendues dans la capitale saoudienne, tandis que la Défense civile a lancé de brèves alertes invitant les habitants à se mettre à l’abri avant de les lever. Les autorités ont aussi signalé l’interception de missiles dans les régions de La Mecque et Médine.

  • Riyad est devenue une cible récurrente dans l’escalade actuelle.
  • Yanbu est un terminal pétrolier clé sur la mer Rouge.
  • Les systèmes de défense saoudiens sont régulièrement mis à l’épreuve.

Un conflit régional aux répercussions mondiales

Depuis le début du mois, les Houthis ont intensifié leurs frappes contre l’Arabie saoudite, en particulier contre des installations pétrolières et aéroportuaires. Ils nient régulièrement les accusations de Riyad et assurent ne pas viser les villes saintes, tout en multipliant les menaces sur des points névralgiques. Le conflit au Yémen, lancé en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a repris de plus belle en juillet après une trêve fragile, aggravant une guerre qui a déjà fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire majeure.

Au-delà du théâtre yéménite, l’enjeu touche aussi la mer Rouge, le détroit de Bab el-Mandeb et le commerce mondial. Le regain de tensions intervient alors que les Houthis renforcent leur influence sur ces couloirs maritimes stratégiques, et que les inquiétudes grandissent autour d’un possible nouvel embrasement régional, alimenté par les tensions entre l’Iran, l’Arabie saoudite et leurs alliés respectifs.


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