
1. Briser le tabou : redonner la parole à la sexualité des aînés
La sexualité des personnes âgées reste souvent un sujet tabou, marginalisé malgré son impact sur la qualité de vie ; il est essentiel d’en parler ouvertement pour reconnaître que le désir et l’intimité persistent au-delà d’un certain âge. Par exemple, une résidente de maison de retraite peut souhaiter recevoir son partenaire en chambre privée ; ignorer cette demande revient à nier son autonomie et sa dignité. Points clés :
- Respect des choix affectifs et corporels.
- Lutte contre les préjugés associés à l’âge.
- Valorisation de la parole des résidents.
2. Pourquoi la sexualité reste importante chez les seniors
Au-delà du plaisir, la sexualité participe au bien-être psychologique, à l’estime de soi et à la réduction de la solitude : un couple âgé qui entretient de l’intimité témoigne souvent d’une meilleure santé mentale et d’un sentiment de continuité identitaire. Exemple : un homme veuf qui retrouve une relation intime peut voir une nette amélioration de son sommeil et de son appétit. Points clés :
- Renforcement du lien social.
- Effet bénéfique sur la santé physique (stress, immunité).
- Prévention de l’isolement affectif.
3. Obstacles concrèts en maisons de retraite
Les obstacles sont multiples : manque d’intimité, méconnaissance du personnel, peurs familiales, et pathologies comme la démence qui compliquent la question du consentement. Par exemple, l’absence de portes verrouillables ou d’espaces privés empêche parfois des couples de vivre leur intimité. Pour y répondre, il faut repérer les problématiques suivantes :
- Environnement physique inadapté.
- Ignorance des enjeux légaux et éthiques (consentement).
- Confusions liées aux traitements et effets secondaires sur la libido.
4. Le rôle des formations : professionnaliser l’accompagnement
Des professionnelles comme la sexologue Charlotte de Buzon animent des formations pour le personnel des établissements, visant à outiller équipes et direction pour gérer l’intimité des résidents sans jugement. Exemple d’atelier : jeux de rôle sur l’écoute active face à une demande intime d’un résident et protocoles de gestion du consentement. Les modules essentiels comprennent :
- Communication bienveillante et non-jugeante.
- Évaluation du consentement et repérage des capacités décisionnelles.
- Aménagements pratiques pour préserver l’intimité.
5. Bonnes pratiques et interventions concrètes
Mettre en place des mesures simples améliore immédiatement la situation : création d’horaires ou de pièces dédiées, revue médicamenteuse pour limiter les effets sur la libido, et information adaptée sur la santé sexuelle. Exemple précis : instaurer un créneau hebdomadaire où les portes des chambres ne sont pas systématiquement ouvertes par le personnel, combiné à un document de consentement personnalisé. Actions recommandées :
- Instaurer protocoles écrits pour les visites et les moments d’intimité.
- Former les familles à respecter la vie privée des résidents.
- Proposer des consultations avec un professionnel (sexologue, infirmier formé).
6. Ressources, droits et perspectives pour améliorer la prise en charge
La reconnaissance de la sexualité des aînés passe par des politiques claires, des ressources pédagogiques et des partenariats entre établissements et spécialistes ; il est possible d’élaborer des fiches pratiques, des groupes de parole et des formations continues. Exemple d’initiative : un établissement qui collabore avec une sexologue pour une série de conférences ouvertes aux familles et au personnel, suivies d’ateliers pratiques. À retenir :
- Respecter les droits à la vie privée et à l’expression affective.
- Déployer des formations régulières et adaptées.
- Favoriser une culture institutionnelle qui accompagne sans stigmatiser.
La sexualité chez les personnes âgées est un sujet tabou. la sexologue Charlotte de Buzon, invitée ce jeudi de ICI Hérault, anime des formations pour le personnel dans les maisons de retraite.
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