Une décennie record : chaleur persistante (2015–2025)
Les onze dernières années (2015–2025) constituent la période la plus chaude jamais enregistrée, avec 2025 figurant parmi les années les plus chaudes depuis le début des observations ; l’année précédente étant le record absolu. Cette tendance continue illustre un changement climatique déjà engagé : par exemple, 2016 et plusieurs années récentes ont marqué des pics de chaleur confirmés par plusieurs séries d’observations.
- Période : 2015–2025, décennie la plus chaude.
- Variabilité : malgré des fluctuations annuelles, la tendance sur la décennie est nettement à la hausse.
- Exemple : les trois dernières années ont montré des évolutions de température que l’on ne peut expliquer que par le changement climatique.
Océans et CO2 : des niveaux historiques
Le rapport met en lumière des niveaux records de concentrations de dioxyde de carbone et de température océanique. Les océans, qui emmagasinent la majeure partie de la chaleur excédentaire, montrent des signatures claires du réchauffement : élévation de la chaleur contenue et hausse des températures de surface.
- Gaz à effet de serre : concentrations atmosphériques en CO2 à des niveaux inédits (supérieurs à 420 ppm ces dernières années).
- Océans : hausse continue de la chaleur océanique, amplifiant les événements marins (vagues de chaleur marines, acidification).
- Banquise : étendues de glace antarctique et arctique parmi les plus faibles depuis 1979.
Le déséquilibre énergétique de la Terre (EEI) expliqué
Pour la première fois le rapport inclut l’Earth’s energy imbalance (EEI), indicateur qui mesure la différence entre l’énergie solaire reçue et celle renvoyée dans l’espace. Un EEI positif signifie que la planète accumule de la chaleur : en 2025, cet indicateur a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des observations en 1960.
- Définition : EEI = énergie entrante − énergie sortante.
- Observation : EEI à son pic récent, signe d’un stockage croissant de chaleur.
- Instruments : mesures combinées par satellites et flotte Argo pour quantifier la chaleur océanique.
Pourquoi l’EEI change notre compréhension du réchauffement
L’EEI offre un portrait plus fidèle du forçage climatique que la seule température de surface : l’atmosphère n’absorbe qu’environ 1 % de la chaleur excédentaire, alors que plus de 91 % est absorbée par les océans depuis les années 1970. Ainsi, se focaliser exclusivement sur la température de surface peut être trompeur en présence d’événements interannuels (La Niña, éruptions volcaniques).
- Avantage : capture la chaleur stockée sur le long terme.
- Limite des températures : sensibles aux variations annuelles.
- Illustration : le même EEI élevé peut présager d’une hausse durable des températures futures même si une année donnée est légèrement plus fraîche.
Impacts observés et exemples concrets
Les conséquences du réchauffement et de l’EEI élevé sont déjà visibles : fonte accélérée des glaciers, recul des glaces marines et intensification des événements extrêmes.
- Glaciers : perte de masse notable au Groenland et dans les massifs alpins, affectant l’alimentation en eau de certaines régions.
- Banquise : étendues de glace arctique et antarctique parmi les plus faibles depuis 1979.
- Événements extrêmes : vagues de chaleur, épisodes de sécheresse et dérèglements climatiques régionaux plus fréquents.
Actions prioritaires : atténuation, adaptation et surveillance
Face à ces constats, des réponses coordonnées sont nécessaires, alliant réduction des émissions et renforcement de la résilience.
- Atténuation : réduire rapidement les émissions de CO2 et méthane via transition énergétique (énergies renouvelables, efficacité énergétique).
- Adaptation : protéger les infrastructures, améliorer les systèmes d’alerte précoce et gérer les ressources en eau.
- Surveillance : consolider les réseaux d’observation (flotte Argo, satellites) pour suivre l’EEI, la chaleur océanique et la fonte des glaces.
- Exemple d’action : accélérer le déploiement des renouvelables et des solutions fondées sur la nature pour stocker le carbone.
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