
Un pèlerinage attendu, finalement annulé
Le pèlerinage annuel de Kita, prévu les 29 et 30 novembre et comptant pour la 54e édition, a été annulé en raison d’une pénurie de carburant paralysante. Organisé traditionnellement par la communauté catholique malienne, cet événement mobilise chaque année plusieurs milliers de fidèles venus de tout le Mali et des pays voisins pour vénérer « Notre‑Dame du Mali ». L’annulation, annoncée par la Conférence épiscopale du Mali, est vécue comme une profonde déception par les paroissiens.
Pourquoi l’annulation ? Le rôle de la crise du carburant
L’épiscopat a justifié sa décision par les « difficultés liées au transport des pèlerins », liées à un approvisionnement irrégulier en carburant. Depuis début septembre, des attaques visant les camions‑citernes par des groupes jihadistes affiliés à al‑Qaïda (Jnim) ont fortement réduit les livraisons de carburant, rendant les déplacements sur les routes nationales dangereux et incertains. Face à ce contexte, l’évêque Jonas Dembélé a invoqué le « sens de la responsabilité » pour expliquer l’annulation.
Impact pour les fidèles et la vie communautaire
L’annulation affecte profondément la communauté catholique, pour qui ce pèlerinage est bien plus qu’un rituel :
- Moment de foi : rencontre spirituelle et prière collective.
- Fraternité : retrouvailles entre paroissiens, échanges et soutien mutuel.
- Identité locale : vénération d’une statue sculptée avec la terre d’un marigot, symbole patrimonial.
Exemples concrets : des fidèles évoquent une « profonde tristesse » et le regret de perdre une occasion annuelle de communion ; d’autres soulignent l’impossibilité matérielle de rejoindre Kita faute d’essence.
Réactions contrastées au sein de la communauté
Les avis divergent parmi les catholiques :
- Certain·e·s qualifient la décision de sage, estimant que la sécurité et la logistique ne permettent pas d’assurer un pèlerinage serein.
- D’autres y voient le signe d’un effondrement de l’État et d’une crise plus large, dénonçant l’incapacité des autorités à garantir l’approvisionnement et la sécurité.
- Certains témoignent d’une résignation pragmatique : dans des diocèses où l’essence manque depuis longtemps, l’annulation semblait inévitable.
Contexte plus large : sécurité, politique et minorités religieuses
Le cas de Kita illustre des enjeux nationaux :
- Insécurité : attaques contre l’approvisionnement en carburant perturbent l’économie et la mobilité.
- Politique : des critiques ciblent les autorités de transition pour leur gestion de la crise.
- Minorités religieuses : la communauté chrétienne, estimée à 2–3 % de la population malienne, subit des conséquences quotidiennes de l’instabilité.
Exemple : l’interruption des flux de carburant affecte non seulement les pèlerinages, mais aussi les transports publics, l’approvisionnement en produits essentiels et l’accès aux services de santé.
Perspectives et pistes pour l’avenir
Pour que des événements religieux majeurs puissent reprendre dans de bonnes conditions, plusieurs éléments sont nécessaires :
- Amélioration de la sécurité sur les axes routiers pour protéger les transports de carburant.
- Solutions logistiques : approvisionnements alternatifs, coordination avec les autorités locales et humanitaires.
- Dialogue communautaire : renforcer la cohésion interreligieuse et locale pour restaurer la confiance.
Exemples d’actions possibles : mise en place de convois sécurisés, appui international pour rétablir les chaînes d’approvisionnement, et initiatives locales pour maintenir la vie religieuse malgré les contraintes matérielles.
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