Portraits émouvants du quotidien par un photographe groenlandais

Date:

Redécouverte de la Culture Inuit

Inuuteq Storch, photographe groenlandais de trente-six ans, a entrepris un voyage de redécouverte de la culture inuit, longtemps réprimée par les colonisateurs danois. Dans son enfance, il n’a reçu aucune éducation sur les traditions et croyances inuit, malgré un enseignement sur des mythes grecs. Environ quatre-vingt-dix pour cent de la population groenlandaise étant luthérienne, les croyances indigènes ont été stigmatisées par les missionnaires européens. Storch, en se faisant un tatouage du Torngarsuk, un esprit inuit, symbolise son désir de renouer avec ses racines culturelles.

Une Exposition Évocatrice

Les œuvres de Storch font partie de son exposition solo “Soon Will Summer Be Over” au MOMA P.S.1., où il présente cinquante-quatre photographies illustrant des moments du quotidien et des portraits candides des gens autour de lui. Les tatouages, autrefois pratiqués par les Inuits, sont visibles dans ses œuvres, mettant en avant l’héritage culturel. Il immortalise des scènes telles que des individus dans des habitudes quotidiennes :

  • manger
  • sortir les poubelles
  • dormir dans des sacs de couchage

.

La Lumière du Paysage Groenlandais

Le paysage groenlandais, avec son éclairage unique, est omniprésent dans le travail de Storch. Il capture des instants où la lumière joue un rôle crucial, comme cet homme sur un porche ou deux enfants profitant de la chaleur du soleil. Les nuances de la lumière au Groenland ont une signification différente, surtout en période de durée des jours variables. Storch décrit ces moments comme “fiery and very slow”, révélant la beauté des couchers de soleil prolongés à cette époque de l’année.

Un Parcours Artistique Inattendu

Originaire de Sisimiut, Storch n’avait pas prévu de devenir artiste. Au départ, il rêvait d’être ingénieur et s’est tourné vers la photographie à travers le skateboard. Une opportunité lors d’une exposition locale l’a conduit à étudier la photographie à Copenhague, suivie d’une formation à l’International Center for Photography à New York, important ses influences culturelles et artistiques.

Diplomate Culturel malgré lui

Alors que le monde commence à porter un regard nouveau sur le Groenland, Storch fait face à l’étiquette de “diplomate culturel”. En tant que premier Groenlandais à représenter le Danemark à la Biennale de Venise, il a choqué le public en superposant le terme KALAALLIT NUNAAT sur DANMARK. À travers ses œuvres, notamment une vidéo intitulée “Anachronism”, il offre un aperçu unique de la culture groenlandaise sans se considérer comme un représentant de celle-ci.

Une Approche Personnelle et Émotionnelle

Storch s’inspire de l’album photo familial dans son projet “Porcelain Souls”, exposant des souvenirs personnels en compagnie de ses propres œuvres. Son style se rapproche de celui de Ryan McGinley, avec une attention particulière portée aux moments de tendresse et à la vie quotidienne. En cherchant à comprendre son identité à travers la photographie, Storch conclut que son art est profondément ancré dans ses relations avec sa famille et ses amis.


En savoir plus sur L'ABESTIT

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Share post:

Popular

More like this
Related

...

Vingt-cinq médaillés Fields alertent sur les dangers de l’IA

En dépit des prouesses mathématiques réalisées par l’intelligence artificielle, un collectif rassemblant 25 lauréats de la médaille Fields s’inquiète, dans une tribune au « Monde », du tort causé par ces technologies à leur discipline....

Ryad augmente le brut via oléoduc pour contourner Ormuz

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Ryad a augmenté les volumes de brut transportés par cet oléoduc, qui relie Abqaïq, près du Golfe, au port de Yanbou, sur la mer Rouge, pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran....

À Paris, Maha Al-Daya brode la mémoire de Gaza

Réfugiée en France, Maha Al-Daya a fui les bombardements qui s’abattent sur l’enclave palestinienne depuis octobre 2023. Afin de conserver une trace du vécu des Gazaouis, elle reproduit, par la pratique d’une broderie ancestrale, les cartes d’évacuation larguées par I’armée israélienne. Un geste de résistance et de résilience qui ancre sur la toile la mémoire de sa terre d’origine....