RDC : Tshisekedi lance la première étape d’un dialogue historique

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Un dialogue national sous le contrôle de la présidence

En République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a signé une ordonnance qui crée un Comité d’organisation du dialogue national. Ce texte ne lance pas encore formellement le dialogue, mais il met en place la machine préparatoire chargée d’en définir les bases, les besoins et les conditions de fonctionnement. L’objectif affiché est d’identifier les paramètres essentiels d’un futur cadre de discussion politique, dans un contexte où les tensions institutionnelles et électorales restent vives.

Une mission technique, mais des pouvoirs très centralisés

Le comité devra s’occuper de plusieurs volets pratiques et politiques, notamment les aspects financiers, logistiques, sécuritaires et techniques. Il devra ensuite proposer au chef de l’État les options nécessaires à la création d’une commission préparatoire. Toutefois, la structure demeure étroitement liée à la présidence : le président nomme le coordonnateur, son adjoint, les membres du comité, ainsi que les experts du secrétariat technique. Il peut également mettre fin à leurs fonctions.

  • Définir les paramètres du dialogue national
  • Évaluer les besoins budgétaires et logistiques
  • Préparer une commission chargée d’organiser la suite
  • Rendre compte directement à la présidence

Une architecture qui alimente les critiques

Cette organisation a immédiatement suscité des réserves dans l’opposition. Le principal reproche concerne le fait que le pouvoir, en tant que partie prenante du débat, conserve la main sur le cadre de préparation. Pour les adversaires du chef de l’État, cette configuration revient à être à la fois juge et partie. L’absence de précisions sur la composition du comité, les critères de sélection, le calendrier et même les thèmes du dialogue renforce ces interrogations sur sa portée réelle.

Joseph Kabila et son camp dénoncent un signal négatif

Dans l’entourage de Joseph Kabila, l’ordonnance est interprétée comme la preuve que le pouvoir ne souhaite pas réellement un dialogue sincère pour la paix. Ferdinand Kambere, du PPRD, a parlé d’un « non événement », estimant que cette initiative ne répond pas aux attentes d’un vrai processus inclusif. Cette lecture traduit une méfiance persistante à l’égard d’une démarche jugée trop contrôlée par l’exécutif.

Moïse Katumbi et la C64 maintiennent la pression

Du côté de la coalition C64 et du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, la réaction est tout aussi critique. Dieudonné Bolengetenge a qualifié l’ordonnance de « pétard mouillé », estimant qu’elle ne change rien à la mobilisation prévue contre toute modification de la Constitution. Pour cette famille politique, la priorité demeure la défense de l’ordre constitutionnel et la poursuite des actions de protestation.

  • Maintien de la mobilisation contre un changement constitutionnel
  • Défiance face à l’initiative présidentielle
  • Exigence d’un cadre véritablement neutre

Lamuka réclame un vrai dialogue, pas une mise en scène

La coalition Lamuka, liée à Martin Fayulu, se montre elle aussi très prudente. Son porte-parole, Prince Epenge, juge que l’ordonnance vise surtout à démobiliser l’opinion. Selon lui, le pays a besoin d’un dialogue inclusif, capable de contribuer à la fin de la guerre et à la préparation des élections de 2028. Il insiste sur une ligne claire : les Congolais veulent une discussion de fond, et non une opération de communication sans effet réel.

Un appel au calme et à la vigilance démocratique

Dans un registre plus mesuré, Paul Nsapu, président de la Commission congolaise des droits de l’homme, rappelle que ce débat relève d’abord du champ politique. Il appelle à des négociations menées dans la paix, sans violence ni incitation à la violence. Sa position repose sur une vigilance institutionnelle : observer le processus, signaler les abus éventuels et exiger que justice soit faite si les règles démocratiques sont violées.

  • Priorité à la paix et à la non-violence
  • Surveillance des dérives possibles
  • Respect des valeurs démocratiques
  • Exigence d’un dialogue utile pour la stabilité du pays

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