Impact de l’IA sur le marché du travail
Alors que le débat se poursuit sur l’impact réel de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché du travail, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a exprimé des préoccupations concernant ce qu’il appelle le “AI washing”. Ce terme désigne la tendance des entreprises à attribuer des réductions d’effectifs à l’IA, même lorsque ces décisions étaient déjà prévues indépendamment de la technologie. Lors d’un sommet en Inde, Altman a déclaré que bien qu’il existe un certain déplacement d’emplois dû à l’IA, de nombreuses entreprises utilisent ce phénomène comme excuse pour justifier des licenciements.
Le discours contradictoire des dirigeants
Malgré une enquête menée par le National Bureau of Economic Research, où près de 90% des exécutifs ont affirmé que l’IA n’avait eu aucun impact sur l’emploi ces trois dernières années, de nombreux leaders du secteur technologique, comme Dario Amodei d’Anthropic, avertissent d’un risque de destruction massive d’emplois. Par exemple, Sebastian Siemiatkowski, le PDG de Klarna, a récemment annoncé une réduction potentielle de son personnel de 30% d’ici 2030 en raison de l’accélération de l’IA. Une enquête du Forum Économique Mondial a également révélé qu’environ 40% des employés s’attendent à des suppressions de postes similaires dans leur propre entreprise en raison de l’IA.
Anticipations sur le déplacement des emplois
Altman s’attend à une augmentation des déplacements d’emplois dus à l’IA, mais il est également convaincu que de nouveaux rôles vont émerger, permettant de compléter cette technologie. Il souligne que chaque révolution technologique entraîne la création de nouvelles opportunités, et que l’impact tangible de l’IA sur le marché du travail se manifestera dans les années à venir.
Les signes de l’AI washing
Un rapport récent du Yale Budget Lab a remis en question l’idée que l’IA engendre déjà un bouleversement significatif du marché du travail. D’après les données du Bureau des statistiques du travail, il n’y a pas eu de changements notables dans la composition des emplois ou la durée du chômage pour les professions à forte exposition à l’IA. Martha Gimbel, de Yale Budget Lab, indique que l’impact macroéconomique de l’IA est actuellement insignifiant, ce qui soulève des questions sur la manière dont les entreprises utilisent l’IA comme excuse pour leurs difficultés financières.
Des données contradictoires sur la productivité
Le chief economist d’Apollo Global Management, Torsten Slok, pointe un phénomène similaire aux débuts de l’ère informatique dans les années 1980, où les gains de productivité ne se concrétisaient pas malgré des investissements massifs. Il évoque également une courbe en J possible, suggérant que les effets de l’IA sur la productivité et l’emploi pourraient se manifester plus tard, après une phase d’investissement initial. Erik Brynjolfsson, économiste à Stanford, souligne que des données récentes montrent un découplage entre la croissance des emplois et celle du PIB, suggérant que l’IA commence à avoir un effet réel sur la productivité.
Permanence des emplois face à l’IA
Malgré les prédictions alarmistes, il est important de noter que la plupart des travailleurs expérimentés continuent de voir leurs emplois se stabiliser, voire croître, tandis que les employés en début de carrière dans des rôles très exposés à l’IA connaissent un déclin de l’emploi de 13%. Cela souligne une dynamique de marché complexe où l’impact de l’IA varie considérablement selon les niveaux d’expérience et le type de poste. Brynjolfsson note enfin que nous passerons enfin d’une phase d’investissement à une phase de récolte, où les bénéfices des efforts précédents commenceront à se concrétiser.
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