Schrödinger’s carbon : quand le captage-stockage est fausse mitigation

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Le rôle indispensable du captage et stockage du carbone (CSC)

Le captage et stockage du carbone (CSC) apparaît comme une composante centrale des trajectoires de décarbonisation modernes, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier comme la sidérurgie, le ciment et certaines industries chimiques ; plusieurs scénarios climatiques exigent une augmentation de l’utilisation du CSC de plus de cent fois d’ici au milieu du siècle pour rester compatibles avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions. Exemples concrets : le CSC permet de réduire significativement les émissions industrielles ponctuelles, de rendre possible le BECCS (bioénergie avec CSC) pour produire des émissions négatives, et d’offrir une option de transition pour des installations existantes. Points clés :

  • Réduction des émissions industrielles : capture à la source sur fonderies, cimenteries, usines chimiques.
  • Émissions négatives : BECCS combinant biomasse et stockage durable.
  • Complémentarité : s’articule avec les renouvelables et l’efficacité énergétique.

Comment fonctionne le CSC : technologies et filières

Le CSC regroupe des technologies de capture (séparer le CO2 des fumées ou de l’air), de transport (pipelines, navires) et de stockage (réservoirs géologiques ou minéralisation). Exemples précis de technologies et chaînes : la capture postcombustion par solvants amines, la capture précombustion dans les unités gazières, l’oxygénation pour combiner combustion et séparation, et la capture directe de l’air (DAC). Types de stockage :

  • Roches salines profondes : grande capacité (ex. stockage en aquifères profonds).
  • Champs d’hydrocarbures épuisés : stockage éprouvé et souvent proche des sites industriels.
  • Minéralisation : fixation permanente du CO2 dans des minéraux (ex. projets pilotes en Islande).

Où en est-on aujourd’hui ? Déploiement et capacités

Le déploiement commercial du CSC existe mais reste modeste par rapport aux besoins : quelques dizaines d’installations opèrent à l’échelle industrielle, assurant aujourd’hui des dizaines de millions de tonnes de CO2 captées par an, quand l’ambition nécessaire se compte en gigatonnes. Exemples de projets notables : Sleipner (Norvège) pour le stockage en aquifère salin, Boundary Dam (Canada) projet industriel sur centrale thermique, et des hubs de transport-stockage comme Northern Lights (Norvège) et Porthos (Pays-Bas). À titre d’illustration chiffrée : le parc mondial atteint l’ordre de grandeur de quelques dizaines de MtCO2/an aujourd’hui, alors que les scénarios exigeant une forte atténuation visent plusieurs GtCO2/an d’ici 2050.

Principaux obstacles : technique, économique et social

Plusieurs freins ralentissent la montée en puissance du CSC : le coût et la pénalité énergétique de la capture, l’absence d’infrastructures de transport et de hubs de stockage, les incertitudes réglementaires et la perception publique. Exemples et chiffres indicatifs :

  • Coûts de capture : variables selon source et technologie, typiquement de l’ordre de dizaines à quelques centaines de dollars par tonne de CO2 pour la capture point-source ; pour le DAC, les coûts sont plus élevés mais en diminution.
  • Infrastructure : nécessité de pipelines et de hubs partagés pour abaisser les coûts unitaires (projets pilotes de ports CO2 en Europe).
  • Acceptation sociale : inquiétudes sur la sécurité du stockage et la répartition des bénéfices locaux.

Voies pour accélérer l’expansion : politiques et solutions concrètes

Pour réaliser une augmentation de l’ordre de cent fois, il faut combiner incitations économiques, réglementation claire et investissements en R&D et infrastructures. Mesures efficaces observées et recommandées :

  • Mécanismes financiers : crédits d’impôt, prix du carbone, subventions pour les premiers projets (ex. dispositifs nationaux favorisant l’investissement).
  • Hubs et infrastructures partagées : réseaux de transport et sites de stockage communs pour réduire les coûts marginaux (ex. modèles de Northern Lights, Porthos).
  • Normes et surveillance : protocoles de suivi, responsabilités à long terme et garanties pour la sécurité du stockage.
  • R&D ciblée : optimisation des solvants, réduction de la consommation énergétique, baisse des coûts du DAC, et tests de minéralisation accélérée.

Risques, alternatives et transparence scientifique

Le CSC n’est pas une panacée : il comporte des risques (fuites potentielles, verrouillage technologique) et doit être équilibré avec des alternatives comme l’électrification, l’économie circulaire, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Exemples d’alternatives complémentaires : hydrogène bas-carbone pour certaines industries, substitution des matériaux, réduction de la demande. Transparence et gouvernance sont essentielles : pour garantir la confiance, il faut des règles de surveillance robustes et une communication claire. L’auteur déclare ne pas avoir d’intérêts concurrents.


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