
Un drame qui secoue le Sénégal: le cas de Khady Sow
Une affaire tragique a ravivé le débat sur les féminicides au Sénégal : le meurtre de Khady Sow, tiktokeuse enceinte de sept mois, survenu le 21 mars. Exemple précis et marquant, ce cas a entraîné des poursuites : le mari est inculpé pour meurtre et la mère ainsi que le beau-père de ce dernier ont été mis en examen pour atteinte à l’administration de la justice et déférés au parquet le 30 mars. La mobilisation populaire s’est manifestée dès le dimanche 29 mars par un sit‑in à Dakar réunissant environ une centaine de personnes, majoritairement des femmes, assises sur des nattes et vêtues de violet, signe visible de la campagne Wax Jotna.
Wax Jotna : une campagne qui oblige à parler
La campagne Wax Jotna (« Il est temps de parler ») a été au cœur du rassemblement : discours, témoignages et revendications ont rythmé la réunion. Exemple concret : la coordinatrice Suzanne Sy a dénoncé la banalisation des violences au point que les proches demandent parfois aux victimes de retourner dans le foyer. Pendant le sit‑in, les participantes ont abordé des thèmes concrets tels que le harcèlement, les inégalités et les féminicides, avec un format d’écoute collective visant à rompre l’isolement des victimes.
Pourquoi les violences se banalisent : facteurs sociaux et culturels
Le sentiment d’habituation à l’horreur est fréquemment cité par les militantes. Adja Binta Niang parle d’un mélange de tristesse, d’affliction et de peur liée à cette normalisation. Points clés illustrés par des exemples :
- Pression familiale : des parents demandent à leur fille de retourner auprès d’un conjoint violent.
- Stigmatisation : qualifier quelqu’un de « féministe » sert parfois à l’intimider.
- Mécanismes d’impunité : silence ou inertie de témoins, comme allégué dans l’affaire Sow.
Revendiquer des droits : les demandes précises des militantes
Les féministes sénégalaises appellent à des mesures concrètes pour protéger les femmes et renforcer leur autonomie. Parmi les revendications et actions proposées :
- Refonte du code de la famille pour garantir une plus grande égalité juridique.
- Renforcement des dispositifs de protection : ordonnances de protection, refuges, lignes d’écoute.
- Accès économique et éducatif pour réduire la dépendance financière des femmes.
Exemple précis : des militantes demandent que les procédures de signalement et de prise en charge médicale/psychologique soient simplifiées et mieux financées dans les zones urbaines et rurales.
Obstacles à l’engagement féministe : témoignages et réalités
Se revendiquer féministe reste difficile pour nombre de femmes en raison du tabou et de l’hostilité sociale. Astou Sandrine Touré confie que le mot « féministe » est souvent utilisé pour discréditer quelqu’un et que l’espace de réunion offre un rare sentiment de sécurité. Obstacles documentés :
- Pression sociale et peur du rejet familial.
- Défaut d’information sur les droits et les recours juridiques.
- Stigmatisation des militantes, freinant la mobilisation publique.
Actions immédiates et perspectives d’évolution
Face à l’émotion suscitée par l’affaire Sow, les militantes multiplient les initiatives pour transformer l’indignation en changements durables. Actions et pistes concrètes :
- Mobilisations citoyennes : sit‑ins, campagnes de sensibilisation, ateliers communautaires.
- Pression politique : demandes de réformes législatives et suivi des dossiers judiciaires (ex. inculpations dans l’affaire Sow).
- Soutien aux victimes : création ou renforcement de services d’accueil, assistance juridique et psychologique.
Ces mesures, combinées à une information soutenue et à l’empowerment économique des femmes, constituent les leviers identifiés par les militantes pour réduire la banalisation des violences et protéger durablement les femmes au Sénégal.
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