
Retrait progressif de la MINUSS : un mouvement significatif
La force de maintien de la paix des Nations unies au Soudan du Sud, la MINUSS, a entamé la fermeture de plusieurs bases malgré une situation sécuritaire toujours fragile. Cette décision, annoncée en novembre, résulte principalement d’une réduction budgétaire qui a réduit les moyens opérationnels, notamment à la suite de coupes de financements de pays donateurs. Exemple concret : le rapatriement a commencé à Torit, une zone marquée par des combats récurrents, où des véhicules blindés siglés « ONU » ont escorté un convoi parti dans des conditions qualifiées de précipitées.
Impact humain local : des emplois et des moyens de subsistance menacés
La fermeture des bases affecte directement le personnel local employé par la mission et les populations qui dépendent de sa présence. Mark Omina, cadre sud-soudanais cité par l’AFP, a dénoncé une décision qui a « pris tout le monde de court » et qui prive les employés locaux « de leurs seuls moyens de subsistance ». Exemples d’effets concrets :
- Perte d’emplois pour des centaines de personnels civils locaux.
- Diminution des services logistiques et humanitaires dans les zones rurales.
- Risque accru de déplacement des familles dépendantes des salaires liés à la mission.
Étendue et calendrier du retrait
Au total, quatre bases de la MINUSS sont concernées par ces fermetures. Après Torit, sont programmées :
- Aweil, à la frontière avec le Soudan — zone sensible sur le plan transfrontalier.
- Warrap, dans le nord — région affectée par des affrontements intercommunautaires meurtriers.
- Rumbek — position stratégique au centre du pays.
Les fermetures s’inscrivent dans une logique de réduction des coûts et entraînent une baisse prévue de 25 % des effectifs, selon les informations de l’ONU.
Conséquences sécuritaires et humanitaires
La réduction des effectifs et la fermeture de bases risquent d’affaiblir la capacité de protection et de réponse aux crises. Points clés :
- Moindre présence dissuasive contre les groupes armés et les violences intercommunautaires.
- Réduction des capacités d’intervention en cas d’escalade des combats.
- Risque d’aggravation des besoins humanitaires non couverts (santé, sécurité alimentaire, protection des civils).
Exemple : dans des zones déjà fragiles comme Warrap, l’absence prolongée d’une base de la MINUSS pourrait laisser les populations plus exposées aux raids et aux confrontations.
Cadre institutionnel et chiffres clés
La MINUSS, créée en 2011, déployait jusqu’ici environ 13 000 militaires et 1 500 policiers. Malgré les critiques sur son action, son mandat a été renouvelé pour un an lors d’une décision prise en mai dernier. Toutefois, la réduction budgétaire et la réorganisation opérationnelle traduisent une tension entre volonté politique internationale et réalité du terrain :
- Renouvellement du mandat = continuité politique.
- Réduction des moyens = moins de capacités concrètes.
- Pression sur les bailleurs et nécessité de prioriser les zones à risque.
Scénarios et pistes d’atténuation
Plusieurs options peuvent limiter les conséquences négatives du retrait partiel :
- Renforcement des capacités locales : formation policière et soutien aux forces nationales sous condition de respect des droits humains.
- Coordination humanitaire accrue : redéploiement d’ONG et de partenaires pour combler les lacunes immédiates.
- Diplomatie et plaidoyer international : mobilisation de bailleurs pour restaurer financements et éviter de nouvelles coupes.
Exemple opérationnel : un redéploiement ciblé de ressources sur les corridors humanitaires et les zones à plus forte vulnérabilité pourrait réduire l’impact sur les civils en attendant une solution politique durable.
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