Soudan : El-Fasher, l’horreur absolue que nul n’imaginait

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Trois ans après : la chute d’El-Fasher, en quelques lignes

Le conflit soudanais, déclenché le 15 avril 2023, a atteint un sommet tragique avec la prise d’El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, le 26 octobre 2025 après un siège de plus de 18 mois. Ce condensé retrace les faits essentiels : l’assaut final au petit matin, la décrue des forces régulières et l’affirmation de contrôle par les Forces de soutien rapide (FSR) sur la ville. Exemple précis : l’attaque a débuté autour de 4h, le quartier général de l’armée a été rapidement pris et les paramilitaires ont annoncé leur victoire via leurs canaux de communication.

Assaut au petit jour : tactiques et premières exactions

Les FSR ont combiné bombardements et frappes au sol pour briser les défenses, puis sont entrés quartier par quartier, s’installant parfois dans des positions évacuées par l’armée. Témoignage type : des habitants réveillés par des explosions, encerclés chez eux, voyant des groupes armés entrer dans les maisons et interroger l’appartenance ethnique des familles. Points clés :

  • Heure de l’assaut : ~4h du matin.
  • Moyens : bombardements, patrouilles de ratissement, vidéos postées par des combattants.
  • Effet immédiat : effondrement de la sécurité civile et exode massif.

Exactions documentées : exécutions, viols et enlèvements

Les récits recueillis décrivent des actes systématiques : exécutions sommaires d’hommes, violences sexuelles contre les femmes et les filles, arrestations et enlèvements suivis de demandes de rançon. Exemple précis : Hanah (nom d’emprunt) rapporte que les FSR ont trié les habitants par ethnie puis exécuté les hommes et violé les femmes ; Insaf Oumar Baraka, infirmière, décrit une fuite chaotique où seules une vingtaine de familles ont pu s’en sortir sur 300. Détail des crimes observés :

  • Exécutions ciblées et tirs d’exécution filmés.
  • Violences sexuelles répétées, y compris sur mineures.
  • Prises d’otages et demandes de rançon.

Fuite et déplacement : parcours d’horreur vers Tawila et au-delà

Fuir El-Fasher s’est transformé en calvaire : remblais creusés autour de la ville, barrages, poursuites extérieures et violences en chemin ont rendu l’exode mortel pour beaucoup. Exemple concret : Rahab Adam Barita et sa famille ont mis six jours pour atteindre le camp de Tawila, sur 70 km, et ses nièces de 12 et 14 ans ont été violées à plusieurs reprises pendant trois jours. Enjeux et obstacles rencontrés :

  • Contrôles mobiles : postes et embuscades des FSR.
  • Conditions : blessures non soignées, manque d’eau et nourriture.
  • Traumatismes : violences sexuelles et pertes familiales en route.

Détention, rançons et fosses communes : témoignages de captivité

Les centres de détention d’El-Fasher ont été décrits comme des lieux de terreur et d’humiliation : exécutions à l’aveugle, privations, extorsions monétaires pour obtenir la libération. Exemple précis : Al Nour Hicine Abdallah a vu neuf personnes exécutées le premier jour et a dû payer ~2 000 € pour être libéré ; Ibrahim a été contraint de creuser des fosses communes puis libéré après une rançon de 5 000 $. Points saillants :

  • Conditions : soif extrême, humiliations, exécutions collectives.
  • Rançons : montants exigés variant de quelques milliers d’euros/dollars.
  • Travail forcé : enterrement des victimes sous escorte armée.

Preuves, bilan humain incertain et impératifs internationaux

Les images satellites et vidéos publiées permettent d’établir indices sérieux de massacres de masse, mais le bilan exact reste inconnu du fait du manque d’accès et du contrôle permanent des paramilitaires. Exemple d’analyse : des chercheurs de l’université de Yale ont identifié des formes correspondant à des corps dans les rues juste après la chute, concluant à des tueries massives difficiles à quantifier. Pour aller de l’avant, les actions recommandées incluent :

  • Collecte d’éléments : témoignages, vidéos, images satellites.
  • Accès humanitaire : ouvrir des corridors pour soins et évaluations indépendantes.
  • Enquêtes internationales : poursuites possibles pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

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