Sundance Institute dévoile les nouveaux participants du Native Lab

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Un laboratoire qui fait rayonner les voix autochtones

Le Sundance Institute organise à Santa Fe, Nouveau-Mexique, la dernière édition de son Native Lab, qui se tient du 6 au 11 avril : un programme phare du volet autochtone de l’institut offrant un cadre immersif et bienveillant pour que des cinéastes autochtones développent leurs projets et affinent leur voix artistique face à des retours professionnels et à une communauté de pairs.

Les créateur·rice·s sélectionné·e·s

Cette promotion rassemble quatre boursier·ère·s et deux artistes en résidence dont les parcours et identités sont variés :

  • Taylor Foreman‑Niko (Samoan) — États‑Unis
  • Miles T. RedCorn (Osage/Caddo) — États‑Unis
  • Sabrina Saleha (Navajo) — États‑Unis
  • Ashley Qilavaq‑Savard (Inuk/Inuit) — Canada (sélectionnée en partenariat avec l’Indigenous Screen Office)
  • Artistes en résidence : Sayun Simung (Tayal) et Taylour Chang (Kanaka Maoli)

Ces noms illustrent la volonté du programme de soutenir des voix autochtones contemporaines porteuses d’histoires spécifiques et universelles.

Méthode : apprendre en scène et en communauté

Le Native Lab propose un format intensif de cinq jours centré sur le développement scénaristique et la consolidation d’une vision artistique, avec des activités structurées pour pousser les projets plus loin :

  • séances de feedback individuelles et en groupe,
  • lectures à voix haute et exercices de mise en scène,
  • tables rondes avec des conseillers créatifs,
  • révisions de script axées sur le ton, la structure et les enjeux culturels.

L’objectif : favoriser un travail concret et applicable immédiatement pour le long métrage ou la série.

Projets présentés : récits puissants et ancrés

Les projets en développement témoignent d’un large spectre thématique et de styles, avec des exemples précis :

  • The Long Fang (Taylor Foreman‑Niko) — récit d’horreur/surnaturel où un homme à moitié samoan revient dans sa famille et affronte un démon ancien qui se nourrit de la honte, forçant la révélation de secrets et la lutte pour sauver un cousin.
  • Carrying (Ashley Qilavaq‑Savard) — drame de décolonisation où Miali, après des tentatives de FIV et un mariage raté, trouve un bébé enfoui dans la terre de sa communauté ; une métaphore forte sur la maternité et le lien à la terre.
  • Once Upon a Time in Indian Country (Miles T. RedCorn) — thriller social des années 1990 autour d’un avocat autochtone obsédé par la construction d’un casino, confronté à la criminalité organisée, aux conflits internes et au système fédéral.
  • Grief Camp (Sabrina Saleha) — récit fantastique contemporain où une adolescente navajo envoyée en camp de deuil découvre un lieu liminal entre vivants et morts et doit résoudre les énigmes d’une carte magique pour retrouver son frère.

Ces projets mêlent genre, mémoire culturelle et enjeux sociopolitiques avec des approches visuelles et narratives distinctes.

Encadrement professionnel et soutiens

Le laboratoire est guidé par des conseillers créatifs reconnus et une équipe dédiée :

  • conseillers : Patrick Brice, Bernardo Britto, Alex Lazarowich (Cree) et Graham Foy,
  • coordination : Adam Piron (directeur du programme autochtone), Ianeta Le’i (directrice principale) et Katie Arthurs (coordinatrice).

Le programme bénéficie en outre du soutien financier et institutionnel d’organisations et mécènes engagés dans les médias autochtones, ce qui renforce les possibilités de suivi, de mentorat et d’accès aux réseaux professionnels.

Effets concrets et perspectives pour le cinéma autochtone

Le Native Lab agit comme catalyseur : il transforme des scripts en projets prêts à être produits et ouvre des trajectoires professionnelles. Exemples et retombées observables :

  • visibilité accrue — sélection à des listes et lab (Foreman‑Niko dans le BloodList, participations à d’autres labs),
  • reconnaissance en festival — prix et distinctions pour des courts (comme la récompense de Sabrina Saleha à Santa Fe),
  • renforcement des réseaux — rencontres avec producteur·rice·s, distributeur·rice·s et créateur·rice·s,
  • valorisation des récits autochtones — meilleure présence à l’écran et diversification des représentations.

En somme, ce type d’atelier soutient concrètement la chaîne de production et permet à des histoires enracinées dans l’Indigénéité de toucher des publics nationaux et internationaux, tout en formant la prochaine génération de cinéastes autochtones.


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