
Une fête majeure qui rassemble au-delà du rite
En Côte d’Ivoire, l’Aïd al-Adha, appelée Tabaski en Afrique de l’Ouest, a réuni de nombreux fidèles ce mercredi 27 mai 2026. Cette célébration musulmane commémore le geste d’Abraham, prêt à obéir à Dieu en sacrifiant son fils avant que le sacrifice ne soit remplacé par un bélier. Au-delà de sa dimension religieuse, la fête incarne aussi un moment de solidarité, de voisinage et de partage avec les plus fragiles.
À Marcory, la prière ouvre la journée sacrée
Dans la commune de Marcory, à Abidjan, plusieurs dizaines de croyants se sont installés sous des tonnelles sur un terrain de sport pour participer au prêche du matin. Protégés de la pluie, ils ont vécu une célébration simple et collective, suivie du sacrifice rituel du mouton. Ce moment, central dans la Tabaski, marque l’aboutissement d’une journée placée sous le signe de la foi et de l’unité communautaire.
- Lieu : terrain de sport de Marcory, à Abidjan
- Moment clé : prêche suivi du sacrifice du mouton
- Ambiance : recueillement, proximité et entraide
Le message de l’imam Youssouf : renforcer l’harmonie
Pour l’imam Youssouf, la Tabaski n’est pas seulement un rite, mais un levier d’apaisement social. Il insiste sur le fait que le mouton est partagé dans le quartier afin de consolider les liens entre habitants. Son message est clair : musulmans et non-musulmans peuvent se retrouver autour d’un même repas, dans une logique de fraternité qui dépasse les appartenances religieuses.
- Objectif : renforcer la cohésion dans le quartier
- Principe : partager le mouton entre les familles et les voisins
- Valeur centrale : vivre ensemble, main dans la main
Le partage, cœur vivant de la Tabaski
Aboubacar, fidèle de la mosquée voisine, rappelle que le partage constitue l’un des gestes les plus attendus de cette fête. La tradition consiste souvent à répartir la viande en trois parts : une pour le voisinage, une pour les personnes qui n’ont pas les moyens, et une pour la famille. À cela s’ajoutent parfois des dons en nourriture ou en argent, renforçant l’idée d’une fête tournée vers la générosité.
- Trois parts : voisinage, personnes démunies, famille
- Dons complémentaires : vivres et argent
- Esprit : transformer la célébration en acte social
À Cocody, la fête révèle aussi les écarts de moyens
Dans le quartier de Cocody, des dizaines de personnes se sont réunies devant une villa cossue, espérant bénéficier de la charité d’un ministre occupant les lieux. Cette scène montre que la Tabaski, si elle est un moment d’abondance symbolique, met aussi en lumière les disparités économiques. À Abidjan, le prix d’un mouton peut dépasser les 100 000 francs CFA, soit environ 152 euros, une somme lourde pour de nombreux ménages.
- Prix observé : moins de 100 000 francs CFA difficile à trouver
- Conséquence : la fête devient un défi financier pour certains foyers
- Réaction : attente de dons et de solidarité dans les quartiers
Une célébration religieuse, sociale et très concrète
La Tabaski en Côte d’Ivoire dépasse ainsi largement le cadre d’un simple rituel. Elle articule prière, sacrifice, partage et entraide, tout en reflétant la réalité du quotidien abidjanais. Entre ferveur spirituelle, solidarité de quartier et contraintes économiques, cette fête demeure un moment clé de l’année pour les musulmans comme pour l’ensemble de la société ivoirienne.
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