
Une coupure d’internet totale pour museler les manifestations
Les autorités iraniennes ont procédé à une coupure quasi totale d’Internet et des réseaux téléphoniques sur l’ensemble du territoire depuis le 8 janvier pour limiter la diffusion d’images et l’organisation des rassemblements. Cette stratégie de contrôle de l’information vise à réduire l’impact des protestations en empêchant le partage en temps réel de vidéos et de messages. Exemple précis : des manifestants à Téhéran rapportent des difficultés à joindre leurs proches et à publier des images sur les réseaux sociaux, alors que des groupes de défense des droits humains compilent néanmoins des preuves via des canaux sécurisés.
Un mouvement social devenu mouvement politique
Le mouvement, né fin décembre 2025 d’un mouvement de protestation économique, s’est rapidement transformé en une contestation politique plus large contre le régime. Les commerçants du Grand Bazar ont enclenché la mobilisation face à une inflation de plus de 50 % et à la dépréciation du rial ; puis les slogans ont évolué vers des revendications anti-gouvernementales. Exemples de villes touchées : Téhéran, Karaj et Hamedan, où des foules ont défilé sur plusieurs artères en dénonçant le pouvoir en place.
Le bilan humain et les appels au respect des droits
Selon l’ONG iranienne HRANA, au moins 62 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, un chiffre qui illustre l’ampleur de la répression. Les organisations internationales et plusieurs États ont multiplié les appels en faveur du respect des droits humains et d’une enquête indépendante. Points clés :
- Victimes : dizaines de morts et de nombreux blessés signalés.
- Répression : usage de la force par les forces de sécurité pour disperser les manifestations.
- Demande internationale : appels à la retenue et à la protection des civils.
Réactions politiques internes et symboles de l’opposition
L’ayatollah Ali Khamenei a condamné les protestataires, accusant des puissances étrangères d’ingérence et affirmant que le régime ne céderait pas. En parallèle, des symboles de la contestation sont apparus en ligne et dans la rue : le remplacement du drapeau officiel par l’ancien drapeau du Lion solaire sur certaines plateformes a été perçu comme un signe visible du rejet du régime par une partie de l’opposition. Exemple concret : des utilisateurs ont vu l’émoticône du drapeau iranien remplacée par l’ancien symbole sur la version web d’un réseau social.
Contexte géopolitique et isolation croissante
Les événements s’inscrivent dans un contexte régional délicat pour l’Iran : affaiblissement d’alliés comme le Hezbollah, crise en Syrie, et tensions suite à des opérations internationales — notamment l’enlèvement de figures alliées qui fragilisent les réseaux d’alliances. Cette vulnérabilité pèse sur la capacité du régime à gérer une contestation intérieure majeure. Exemple : l’enlèvement de Nicolás Maduro début janvier a été présenté par Téhéran comme une agression et apparaît comme un élément affaiblissant la position diplomatique iranienne.
Pressions internationales et déclarations publiques
Plusieurs dirigeants occidentaux ont condamné « le meurtre de manifestants » et appelé à la retenue. Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer ont publié une déclaration commune exigeant la protection des libertés fondamentales. De son côté, des déclarations très fermes de personnalités internationales — par exemple des menaces d’interventions ciblées sans déploiement de troupes au sol — ont alimenté les tensions diplomatiques. Exemples d’exigences internationales :
- Enquête indépendante sur les violences.
- Garanties pour la liberté d’expression et de rassemblement.
- Sanctions ciblées envisagées en cas d’escalade.
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