Trump relance une offensive de coupes massives dans la science américaine

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Un plan budgétaire qui bouleverse la recherche américaine

La Maison Blanche a proposé pour 2027 un plan de dépenses fédérales qui prévoit des réductions drastiques dans plusieurs agences scientifiques : NSF, EPA, NIH, NASA et autres. Le projet inclut aussi une interdiction de financer, avec des fonds fédéraux, des abonnements ou des frais de publication jugés « coûteux » pour certaines revues académiques. Exemples chiffrés tirés de la proposition :

  • National Science Foundation (NSF) : baisse proposée de près de 55 % (passant à environ 4 milliards).
  • Environmental Protection Agency (EPA) : réduction de plus de 50 %.
  • National Institutes of Health (NIH) : diminution d’environ 13 %.

Priorités technologiques affirmées, mais au détriment du fondamental

Le plan affirme vouloir maintenir des investissements pour que les États‑Unis restent « à la pointe » en quantique et intelligence artificielle, mais il redirige surtout les financements vers la recherche appliquée au sein du département de la Défense et du département de l’Énergie. Conséquence : réduction de la recherche fondamentale sur ces thèmes au sein du NSF.

  • Exemple : le financement de la recherche fondamentale en quantique et en IA au NSF serait coupé respectivement d’environ 37 % et 32 %.
  • Impact attendu : renforcement des programmes orientés vers l’application militaire/énergétique et érosion du soutien à l’exploration fondamentale.

Des coupes qui touchent l’ensemble des agences

Le projet affecte de manière significative l’écosystème scientifique fédéral, avec des diminutions budgétaires qui varient selon les agences. Points clés :

  • NASA : budget total proposé 18,8 milliards (vs 24,4 G$ en 2026), soit une coupe de ≈ 23 % ; la division science subirait une chute d’environ 47 % et plus de 40 projets pourraient être terminés.
  • NOAA : bureau de recherche océanique et atmosphérique menacé de suppression.
  • NIST : passage envisagé de 1,8 milliard à 900 millions.
  • DOE Office of Science : baisse envisagée de 8,4 à 7,1 milliards.

Ces coupes impliquent des décisions structurelles, par exemple la suppression annoncée de la direction « Social, Behavioral and Economic Sciences » au sein du NSF, avec transfert d’employés et recentrage des subventions sur des priorités administratives.

Conséquences pour la communauté scientifique et la compétitivité

Les chercheurs mettent en garde contre des effets en cascade sur la formation, l’innovation et le leadership scientifique :

  • Risque d’affaiblissement du vivier de talents : moins de financements pour doctorants et postdocs, réduction des recrutements académiques.
  • Interruption de projets à long terme : programmes d’observation, campagnes océanographiques et missions spatiales menacés — exemples : projets d’observation climatique continus ou missions planétaires pourraient être annulés.
  • Perte d’attractivité internationale : partenaires étrangers pourraient réduire les collaborations si les flux de financement américains se tarissent.

La publication scientifique remise en question

Le texte budgétaire propose d’interdire l’utilisation de fonds fédéraux pour des abonnements « coûteux » et pour des frais de publication jugés « prohibitifs », sans définir ces notions. Impacts et points d’attention :

  • Ambiguïté : le terme « coûteux » n’est pas défini, ce qui crée une incertitude pour universités et agences.
  • Pratique visée : certaines revues facturent à la fois l’accès et des frais de publication — la proposition les cible, en suggérant l’utilisation d’« alternatives à bas coût ».
  • Conséquences possibles : pressions sur l’accès ouvert, réorientation vers des plateformes moins coûteuses, et tension sur les bibliothèques universitaires et les budget de diffusion.

Quel calendrier et quelles voies d’action pour le futur?

Le pouvoir décisionnel final appartient au Congrès, qui a déjà restauré des fonds rejetés l’an passé. La trajectoire dépendra des négociations budgétaires et du calendrier législatif et électoral :

  • Calendrier : discussions possibles jusqu’au démarrage de l’exercice fiscal 2027 (1er octobre) et au‑delà, surtout avec les élections du 3 novembre.
  • Scénarios plausibles : restauration partielle des budgets par le Congrès ; compromis par agence ; maintien de certaines priorités technologiques mais préservation minimale du fondamental.
  • Actions recommandées pour la communauté : mobilisation citoyenne et scientifique, plaidoyer auprès des élus, diversification des sources de financement (partenariats publics‑privés, fondations) et adaptation stratégique des propositions de recherche.

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