Venezuela : moins de 30 % des puits de pétrole actifs

Date:

Un gisement colossal mal exploité

Le Venezuela, présenté comme détenteur des plus grandes réserves d’or noir au monde, possède environ 31 000 puits, mais seules 8 491 installations sont actuellement opérationnelles, ce qui illustre un fort écart entre potentiel géologique et capacité productive réelle. Par exemple, dans le bassin de l’Orénoque, des champs lourds aux capacités théoriques élevées restent sous-exploités faute d’infrastructures adaptées et de maintien technique.

  • 31 000 puits : stock générique des forages existants.
  • 8 491 puits : puits en fonctionnement selon la Chambre pétrolière vénézuélienne.
  • Écart majeur entre réserve prouvée et production effective.

Les causes de la chute de la production

La baisse d’activité s’explique par une combinaison de facteurs techniques, financiers et humains : manque d’entretien, panne d’équipements, pénurie de pièces de rechange et fuite des compétences. Par exemple, de nombreux puits sont immobilisés parce que des compresseurs, pompes et systèmes d’injection ne peuvent être remplacés ou réparés rapidement.

  • Entretien insuffisant des têtes de puits et des stations de pompage.
  • Pénurie d’équipements et de pièces critiques (pompes, valves, instruments de contrôle).
  • Manque d’investissements et d’accès au financement pour les modernisations.
  • Exode des compétences : ingénieurs et techniciens expérimentés quittent le secteur ou le pays.

Impact économique et social

La sous-exploitation des puits se traduit par des recettes pétrolières profondément réduites, ce qui contraint les finances publiques et aggrave les difficultés sociales. Par exemple, la baisse des volumes exportés réduit la capacité à financer importations, services publics et salaires, augmentant la vulnérabilité des populations locales dépendantes des activités pétrolières.

  • Moins de devises pour l’État et moins d’investissements publics.
  • Perte d’emplois et fragilisation des communautés locales.
  • Raffineries tournant au ralenti et logistique export réduite.

Sanctions et demandes de la Chambre pétrolière

La Chambre pétrolière vénézuélienne alerte que les sanctions américaines freinent l’accès aux technologies, aux marchés financiers et aux assurances, rendant difficile l’importation de pièces et la conclusion de contrats avec des partenaires internationaux. Par exemple, des fournisseurs refusent de livrer des turbomachines ou des additifs sans garanties bancaires que les sanctions rendent impossibles à obtenir.

  • Accès au financement : restrictions bancaires et craintes des contreparties.
  • Assurances et logistique : difficultés pour assurer les cargaisons et les projets.
  • Partenariats étrangers limités, réduisant les transferts de technologie.

Risques techniques et environnementaux

L’arrêt ou la mauvaise maintenance de milliers de puits accroît les risques de fuites, d’effondrements de têtes de puits et de pollution des sols et des eaux. Par exemple, un puits mal entretenu peut entraîner des écoulements de pétrole non contrôlés et des émissions incontrôlées de gaz, avec des conséquences locales fortes sur l’agriculture et la pêche.

  • Fuites et déversements : contamination des nappes phréatiques et des rivières.
  • Flaring incontrôlé et émissions polluantes accrues.
  • Risque d’accidents pour les travailleurs et les riverains.

Voies pour réhabiliter le secteur et maximiser les réserves

La remise en état et l’optimisation des capacités exigent des actions simultanées : levée ciblée des obstacles financiers et commerciaux, programmes de maintenance massive, formation et rétention des talents, et transparence des contrats. Par exemple, des campagnes de réhabilitation de puits avec des fournisseurs internationaux peuvent permettre de remettre rapidement en production des puits clé si le financement et les assurances sont disponibles.

  • Levée ou assouplissement des restrictions qui empêchent l’achat d’équipements et l’accès aux marchés.
  • Programmes de maintenance ciblés pour remettre en marche les puits prioritaires.
  • Partenariats public-privé et appels à compétences internationales pour transfert technologique.
  • Renforcement de la gouvernance et audits pour attirer des investisseurs et garantir une exploitation durable.

En savoir plus sur L'ABESTIT

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Share post:

Popular

More like this
Related

Magistrats attaqués : la France glisse hors de l’État de droit

Les attaques contre l'indépendance des magistrats en témoignent : la France sort peu à peu de l'Etat de droit, alerte Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'homme....

Changement climatique, IA : nouvelles tensions sur l’énergie et l’eau

« Festival international de journalisme » (6/6). Avec le changement climatique et l’accentuation des activités humaines, comme l’IA, les tensions s’accroissent, notamment en matière d’énergie et d’eau....

Sécheresse : repenser la gouvernance et les usages de l’eau

Face à la sécheresse, l’anthropologue Agathe Euzen et le géographe Sébastien Velut s’interrogent, dans une tribune au « Monde », sur les modes de gouvernance et les usages de l’eau, qui conditionnent le fonctionnement de plusieurs secteurs d’activité....

Washington veut faire s’effondrer le régime iranien par sanctions

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé la volonté des États-Unis de faire « s’effondrer le régime » iranien par de nouvelles sanctions. Il doit préciser lundi les modalités de cette pression accrue....