
Une semaine de combats qui embrase le Sud-Kivu
Dans les territoires d’Uvira et de Fizi, au Sud-Kivu, les affrontements se sont prolongés toute la semaine et ont profondément aggravé l’insécurité. D’un côté, l’armée congolaise, épaulée par les combattants Wazalendo et l’armée burundaise ; de l’autre, la coalition AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Cette montée des tensions s’inscrit dans un contexte déjà fragile, nourri par la bataille autour de Minembwe, un site devenu stratégique depuis sa prise l’an dernier par le groupe d’autodéfense Twirwaneho.
Minembwe, Point zéro et les enjeux du terrain
Le regain de violence s’explique en grande partie par la tentative récente des FARDC de reprendre le contrôle de Minembwe. Sur le terrain, plusieurs sources indiquent que la coalition AFC/M23-Twirwaneho tient encore le village stratégique de Point zéro et ses environs, à la jonction des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga. Ce positionnement géographique en fait un verrou militaire majeur, car il permet de contrôler des axes, des villages et des mouvements de troupes dans une zone déjà très disputée.
- Minembwe reste un point névralgique pour le contrôle du territoire.
- Point zéro concentre une part importante des opérations militaires.
- La zone touche trois territoires, ce qui complique toute avancée militaire durable.
Des civils pris au piège de l’insécurité
Au-delà des lignes de front, la population paie un prix très lourd. Les réseaux téléphoniques sont coupés, ce qui complique les alertes, les soins et la coordination de l’aide. Des milliers de ménages ont fui vers la ville de Baraka, où ils s’abritent dans des écoles, des églises, des chantiers en construction ou chez des familles d’accueil. La désorganisation de la vie quotidienne est totale : des enfants ont raté l’année scolaire, des familles ont perdu leurs récoltes, et beaucoup de déplacés survivent sans assistance humanitaire régulière.
- Déplacements massifs vers Baraka et d’autres localités sûres.
- Écoles et lieux de culte transformés en abris de fortune.
- Interruption de la scolarité pour de nombreux enfants.
Hôpitaux, champs et villages endommagés
La société civile de Fizi dénonce des dommages graves sur les infrastructures et les moyens de subsistance. Le bombardement d’une partie de l’hôpital de Minembwe a été particulièrement critiqué, car il fragilise davantage un système de santé déjà sous pression. Des champs ont aussi été détruits, tout comme plusieurs villages, ce qui menace directement l’alimentation des familles et aggrave la précarité. Dans une région où l’agriculture vivrière est essentielle, la perte des cultures peut avoir des effets durables sur les mois à venir.
Ces destructions ne touchent pas seulement les bâtiments : elles affectent aussi la capacité des habitants à se nourrir, à se soigner et à rester sur leurs terres. Quand un centre de santé est endommagé, quand une route devient impraticable ou quand des récoltes sont détruites, c’est toute l’économie locale qui vacille.
Un bilan humain déjà très lourd
Selon l’administrateur du territoire de Fizi, la situation relève d’une tragédie humanitaire inacceptable. Il affirme que plus de 50 civils ont été tués depuis la mi-juin à la suite de bombardements menés par drones. Ce chiffre, s’il est confirmé, illustre l’ampleur du drame qui se déroule loin des grands centres urbains. Les attaques répétées, la présence de plusieurs acteurs armés et l’usage d’équipements aériens créent un climat de peur permanent parmi les habitants.
- Plus de 50 civils tués depuis la mi-juin, selon les autorités locales.
- Des bombardements par drones signalés dans la zone.
- Une population vivant dans la peur et l’incertitude.
Mensonges de guerre, présence politique et besoin d’informations fiables
Face à la circulation de rumeurs et de messages contradictoires sur les réseaux sociaux, le porte-parole des opérations militaires des FARDC dans la zone, le lieutenant Reagan Kalonji, appelle à la prudence et met en garde contre les fausses informations. Dans le même temps, une délégation de hauts responsables de l’AFC/M23, parmi lesquels Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki, aurait séjourné à Minembwe pour réconforter la population locale. Cette présence souligne l’enjeu politique et symbolique du terrain, où chaque déplacement, chaque déclaration et chaque image peuvent peser sur le rapport de force.
Pour suivre l’évolution de cette crise, il est essentiel de distinguer les faits vérifiés des annonces de propagande, car les conflits armés s’accompagnent souvent d’une bataille parallèle pour contrôler le récit. Dans cette région du Sud-Kivu, la priorité immédiate reste la protection des civils, le rétablissement des services de base et l’accès urgent à l’aide humanitaire.
En savoir plus sur L'ABESTIT
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



