
Haïfa en première ligne : l’hôpital Rambam descend sous terre
Depuis Haïfa, à l’extrême nord d’Israël, l’hôpital Rambam a activé son dispositif souterrain pour faire face aux missiles iraniens et aux roquettes en provenance du Liban. Conçu après la guerre de 2006, ce système a déjà été déclenché à plusieurs reprises et permet de maintenir les soins malgré les bombardements : en quelques heures l’ensemble des services peut être déplacé vers le niveau -3, abrité et opérationnel. Exemple concret : lors de l’activation récente, environ 750 patients ont été transférés en sous-sol pour poursuivre leur prise en charge.
Un parking métamorphosé en unité de soins
Le principe est simple et ingénieux : le parking souterrain devient un espace médicalisé où chaque place de voiture se transforme en lit équipé. Pour rendre cela possible, les équipes déploient rapidement des installations techniques adaptées. Points clés :
- Systèmes d’oxygène et de monitoring raccordés aux emplacements.
- Alimentation électrique sécurisée et générateurs de secours.
- Aménagement des flux pour conserver des zones stériles et de triage.
Exemple : le parking est transformé en une structure fonctionnelle en moins de 10 heures, selon le personnel médical.
Services essentiels maintenus : maternité, dialyse, chirurgie
Malgré l’environnement atypique, tous les services critiques continuent de fonctionner : la salle d’opération en sous-sol, la maternité et la dialyse. Exemples précis :
- La maternité : 20 nouveau-nés pris en charge en espace confiné, avec équipes et matériel adaptés.
- La dialyse : patients réguliers, comme Ruth, 77 ans, continuent leur traitement trois fois par semaine.
- La chirurgie : blocs opératoires souterrains où opèrent des médecins comme le Dr Assaf Zeltzer.
Le quotidien du personnel : contraintes, adaptations et résilience
Travailler en sous-sol modifie le quotidien des soignants : manque d’intimité, conditions d’éclairage et acoustiques différentes, mais aussi mobilisation humaine et professionnelle. Exemples d’adaptations :
- Réorganisation des équipes et rotations pour limiter la fatigue.
- Protocoles renforcés pour la stérilisation et la gestion des urgences.
- Soutien psychologique pour les soignants confrontés au stress du front.
Des infirmières comme Madar témoignent qu’« on descend en une heure », illustrant la discipline et la rapidité d’exécution.
Préparer un conflit de longue durée : logistique et anticipation
L’hôpital se prépare à une durée prolongée de tensions en renforçant ses stocks et ses plans de continuité. Mesures concrètes :
- Accumulation de médicaments et de consommables pour plusieurs semaines.
- Mise en place de plans de triage et coordination avec les services de défense civile et militaires.
- Maintenance régulière des équipements souterrains et des générateurs.
Le Dr Zeltzer anticipe une augmentation des hospitalisations, notamment parmi les militaires blessés, ce qui exige une capacité d’adaptation rapide.
Enjeux humains : soins, dignité et symboles de résistance
Au-delà des aspects techniques, l’expérience du Rambam met en lumière des enjeux humains forts : assurer la continuité des traitements, préserver la dignité des patients et maintenir l’espoir. Exemples et enseignements :
- Des patients âgés poursuivent leur dialyse malgré le manque d’intimité, privilégiant la sécurité.
- Les nouveau-nés grandissent dans un environnement souterrain, entourés de teams soignantes mobilisées.
- Le dispositif illustre combien la préparation et l’ingéniosité permettent de protéger la vie civile et de soutenir la population en temps de guerre.
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