
Impact immédiat : 15 jours, 5 millions de tonnes de CO2
En seulement quinze jours, la guerre au Moyen-Orient a généré environ 5 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, un chiffre rapporté par le think tank Climate and Community Institute et comparable aux émissions annuelles d’un pays comme l’Islande. Cette valeur offre une lecture saisissante de l’empreinte climatique des conflits armés contemporains.
- Chiffre-clé : ~5 MtCO2 en 15 jours.
- Comparaison : équivalent aux émissions annuelles d’un petit État développé.
- Portée : impact immédiat mesurable, souvent sous-estimé dans les bilans humanitaires.
Bâtiments détruits : l’ombre du béton et de l’acier
Selon les chercheurs, environ la moitié de ces émissions provient des bâtiments détruits — hôpitaux, logements, écoles — car la reconstruction nécessite du béton et de l’acier à forte intensité carbone. Les émissions dites « incorporées » liées aux matériaux de construction pèsent lourd sur le compte total.
- Exemple : reconstruire un hôpital implique des milliers de m3 de béton et des tonnes d’acier, sources d’émissions élevées.
- Conséquence : la reconstruction peut prolonger l’impact climatique sur des décennies.
- Piste technique : recours aux matériaux bas-carbone et au recyclage pour limiter l’empreinte.
Réserves d’hydrocarbures détruites : incendies et fumées toxiques
Parmi les autres sources majeures figurent les incendies et explosions d’entrepôts de carburant; le think tank estime qu’ils représentent près de 2 millions de tonnes de CO2 dans ce premier bilan. Ces événements libèrent aussi des polluants locaux (suie, composés toxiques) qui affectent l’air, le sol et l’eau.
- Exemple concret : bombardement d’entrepôts d’hydrocarbures entraînant des panaches de fumée et des pluies acides locales.
- Effets sanitaires : risques accrus de maladies respiratoires pour les populations exposées.
- Impact environnemental : contamination des sols et des nappes phréatiques, perturbation des écosystèmes.
Équipements militaires détruits : une empreinte industrielle
La destruction d’équipements militaires — avions de chasse, missiles, drones — contribue aussi aux émissions, non seulement lors des explosions mais tout au long du cycle de vie (fabrication, transport, logistique). Des milliers de munitions et d’engins déployés laissent une empreinte carbone non négligeable.
- Exemple : perte d’un avion de chasse englobe la production antérieure, le carburant utilisé et la pollution liée à sa destruction.
- Composantes : fabrication des munitions, transport stratégique, maintenance et déploiement.
- Remarque : ces émissions sont rarement comptabilisées dans les bilans militaires officiels.
Échelle globale et responsabilité : l’empreinte des armées
Patrick Bigger et son équipe soulignent que l’impact climatique de ce conflit est comparable à celui des 84 pays les moins émetteurs, montrant combien les conflits modifient les équilibres globaux d’émissions. Les forces armées, notamment l’armée américaine, figurent parmi les gros consommateurs de combustibles fossiles, ce qui pose une question de responsabilité et de transparence.
- Comparaison : équivalence à dizaines de petits États en termes d’émissions.
- Responsabilité : nécessité pour les armées de mesurer et diffuser leur empreinte carbone.
- Implication diplomatique : intégrer l’impact environnemental des conflits dans les discussions internationales.
Perspectives et mesures concrètes pour réduire l’impact climatique
L’aggravation potentielle de cet impact, liée à une relance de l’armement en Occident ou ailleurs, appelle des réponses techniques, politiques et humanitaires pour limiter les émissions et réparer les dégâts. Des actions immédiates et à moyen terme peuvent atténuer ces effets.
- Sur le terrain : neutraliser et sécuriser les sites pollués (dépôts de carburant, ruines contaminées) pour limiter les rejets.
- Pour la reconstruction : privilégier des matériaux bas-carbone, le recyclage des débris et des normes de construction résilientes.
- Au niveau militaire : suivre et réduire la consommation de carburant, améliorer l’efficacité logistique, et publier des inventaires d’émissions.
- Politique : inclure l’impact environnemental des conflits dans les négociations internationales et l’aide à la reconstruction verte.
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