
Une trêve fragile et imposée
Depuis une trêve imposée diplomatiquement, notamment sous la pression de Donald Trump, les combats ont officiellement cessé après un mois et demi de confrontation ouverte qui a fait plus de 2 300 morts et entraîné près d’un million de déplacés. Pourtant, sur le terrain, la situation reste explosive : des opérations de démolition se poursuivent dans le Sud du Liban, illustrant la fragilité de l’accord. Exemples précis :
- des villages et des maisons dynamités malgré le cessez-le-feu ;
- des routes rendues impraticables, entravant l’acheminement de l’aide humanitaire ;
- des civils contraints à des déplacements secondaires à l’intérieur du pays.
Les objectifs déclarés d’Israël
Tel que proclamé, l’armée israélienne a dit qu’elle « utiliserait toute sa force » au Liban en cas de menace, ce qui traduit une stratégie visant à dissuader et à neutraliser les capacités hostiles. En pratique, ces objectifs se déclinent ainsi :
- Neutraliser les capacités de frappe transfrontalière (exemple : attaques de positions identifiées comme bases de lancement) ;
- Dégrader les infrastructures supposées soutenir le mouvement adverse (routes, dépôts, cellules logistiques) ;
- Dissuader toute nouvelle escalade par une posture militaire visible et punitive.
Ces objectifs expliquent les démolitions ciblées et les opérations visant à affaiblir les réseaux logistiques sur la frontière sud.
Impact humanitaire et vie quotidienne au Sud
Le bilan humain et matériel laisse des traces durables : familles déplacées, maisons détruites, accès aux soins et à l’eau compromis. Exemples concrets :
- familles s’entassant dans des abris provisoires après la destruction de leur domicile ;
- routes principales coupées, retardant les ambulances et les convois de secours ;
- écoles et centres de santé partiellement ou totalement hors d’usage.
Les besoins prioritaires sont clairs : sécurité, soins médicaux, et reconstruction immédiate des infrastructures de base pour limiter l’effondrement social.
La position délicate de l’armée libanaise
L’armée libanaise se retrouve engagée dans une situation de contrainte stratégique, coincée entre les opérations israéliennes et le Hezbollah. Ses marges de manœuvre restent limitées : maintenir l’ordre, protéger les civils et éviter d’être perçue comme partie prenante dans l’escalade. Points clés :
- Ambiguïté opérationnelle : éviter d’être ciblée tout en empêchant les affrontements locaux ;
- Rôle de sécurisation : escorte humanitaire, contrôle des routes et des checkpoints ;
- Contraintes politiques : décisions dépendantes d’équilibres internes et de pressions internationales.
Exemple : dans des zones frontalières, l’armée peut renforcer des postes de contrôle pour protéger les civils mais doit simultanément éviter toute action provoquant une riposte.
La FINUL face à des capacités limitées
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) joue un rôle de stabilisation et d’observation, mais ses moyens et son mandat restreignent son action coercitive. Ses contributions et limites :
- Surveillance et présence dissuasive le long de la frontière ;
- Facilitation des canaux humanitaires et signalement des violations ;
- Limites juridiques : incapacité à imposer des sanctions militaires ou à mener des offensives pour protéger les populations si les soldats ne sont pas autorisés.
Exemple : la FINUL peut intervenir pour ouvrir des corridors humanitaires mais dépend des accords politiques pour toute action plus contraignante.
Analyse et enseignements du coopérant militaire
Le général Eric de Lapresle, coopérant militaire au sein de l’armée libanaise entre 2022 et 2025, offre un regard d’expert sur les tensions actuelles : nécessité d’un encadrement international renforcé, appui à la réhabilitation des forces nationales et mise en place de mécanismes concrets de protection civile. Recommandations et observations concrètes :
- Renforcer la formation et l’équipement de l’armée libanaise pour assurer la sécurité des civils ;
- Multiplier les missions humanitaires coordonnés pour répondre aux besoins immédiats (exemples : abris, médicaments, approvisionnement en eau) ;
- Dialogues régionaux soutenus par l’ONU pour prévenir une reprise des hostilités et définir des garanties de sécurité.
Ces pistes visent à stabiliser le Sud, réduire les souffrances et à créer les conditions d’un redéploiement durable des populations et des services publics.
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