
Un séisme qui fragilise un système de santé déjà éprouvé
Le double séisme qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin a aggravé une situation humanitaire déjà très tendue. Avec un bilan désormais estimé à 2 295 morts et plus de 11 000 blessés, la catastrophe a mis sous pression des structures médicales souvent endommagées, saturées ou privées de ressources. Dans ce contexte, les soignants ont dû faire preuve d’une grande ingéniosité pour continuer à traiter les patients malgré l’effondrement partiel du réseau de soins.
- 2 295 morts recensés après réévaluation du bilan
- Plus de 11 000 blessés, selon les autorités et les secours
- Des hôpitaux détruits ou inutilisables dans plusieurs zones touchées
Un McDonald’s réquisitionné pour sauver des vies
À La Guaira, au nord de Caracas, un restaurant McDonald’s resté intact est devenu un hôpital de campagne improvisé. Après avoir vidé la salle de ses tables, des chirurgiens bénévoles, des médecins et des vétérinaires y ont installé un espace de soins temporaire. Le lieu a été choisi pour une raison simple et décisive : c’est désormais l’un des rares bâtiments encore climatisés dans les environs, un atout essentiel sous une chaleur écrasante et pour préserver certains médicaments.
- Le restaurant a été transformé en centre de soins d’urgence
- Les tables ont été retirées pour libérer l’espace
- Le bâtiment est resté intact après le séisme
- La climatisation a permis d’améliorer les conditions de travail et d’accueil
Comment l’initiative a vu le jour
Le docteur Fernando Jaimes raconte avoir forcé l’entrée du fast-food après la catastrophe, avant d’envoyer une vidéo à la direction de l’enseigne pour expliquer qu’il ne s’agissait pas d’un pillage mais d’un abri médical. Selon lui, McDonald’s a ensuite rétabli l’électricité, rendant possible l’installation des premiers équipements. Cette séquence illustre à quel point, dans une crise majeure, la collaboration entre acteurs locaux et structures existantes peut accélérer la réponse humanitaire.
Ce type d’initiative repose sur des gestes très concrets : ouvrir un lieu sûr, garantir l’accès à l’électricité, organiser les flux de patients et préserver une chaîne de soins minimale. Dans un environnement où les routes, les hôpitaux et parfois les communications sont perturbés, chaque heure gagnée compte pour les blessés graves.
Soins de première ligne, triage et hébergement d’urgence
Le site ne sert pas à pratiquer des opérations lourdes, mais à assurer les premiers soins, le triage et l’orientation des patients vers des structures plus adaptées lorsque c’est possible. Une salle de triage, une pharmacie de fortune et des matelas à l’étage ont été installés pour accueillir les malades et les équipes de nuit. En tout, environ 30 soignants peuvent y être hébergés, ce qui permet d’assurer une présence continue.
- Triage des patients selon l’urgence médicale
- Distribution de soins de base et de médicaments disponibles
- Hébergement nocturne pour une trentaine de soignants
- Prise en charge de personnes blessées ou déplacées
Des patients très divers, entre maladies chroniques et secours aux décombres
La docteure Melanie Martinez explique que les équipes reçoivent des patients atteints de maladies chroniques, mais aussi des personnes blessées en fouillant les débris à la recherche d’objets ou de proches. Parmi les cas marquants, un homme atteint d’Alzheimer, porté disparu par sa famille, a pu être identifié puis récupéré par un proche grâce à l’intervention des soignants. Ce type d’histoire montre que l’aide médicale ne se limite pas aux blessures visibles : elle inclut aussi la reconnexion familiale et l’assistance aux personnes vulnérables.
Dans ce même lieu, la vétérinaire Layda García a elle-même dû recevoir une perfusion après avoir travaillé en extérieur sous une chaleur intense. Elle explique que les équipes sortent chaque jour à la recherche d’animaux de compagnie perdus, car les familles déplacées n’ont pas toujours pu les emmener avec elles. Cette dimension animale, souvent oubliée lors des catastrophes, devient pourtant cruciale pour de nombreux habitants, car les chiens, chats ou autres compagnons sont aussi des repères affectifs et pratiques.
Ce que révèle cette réponse d’urgence sur la résilience locale
L’histoire de ce McDonald’s devenu hôpital de campagne illustre la capacité des soignants vénézuéliens à improviser face à l’ampleur de la crise. Dans un pays où les infrastructures de santé sont déjà fragilisées, les équipes ont dû créer des solutions rapides, flexibles et efficaces pour éviter une hausse encore plus dramatique de la mortalité. Ce dispositif temporaire montre aussi l’importance des lieux de passage, des bâtiments résistants et de la mobilisation de bénévoles pour maintenir un minimum de continuité médicale après une catastrophe naturelle.
- Résilience des soignants face à la destruction
- Mobilisation de bénévoles médicaux et vétérinaires
- Utilisation de locaux intacts pour répondre à l’urgence
- Prise en charge des blessés, des malades et des personnes déplacées
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