
Un nouveau visage pour le HCR
Barham Saleh, âgé de 65 ans et originaire de Souleymanieh au Kurdistan irakien, a été nommé à la tête du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Après une longue carrière politique nationale, il succèdera en janvier à Filippo Grandi. Sa nomination marque le passage d’un dirigeant régional et national vers une responsabilité humanitaire internationale, avec pour défi principal la gestion d’un HCR en pleine mutation.
Parcours politique et formation personnelle
Né dans une famille engagée — un père juge et une mère militante pour les droits des femmes — Barham Saleh est membre de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK). Son parcours :
- Membre des autorités intérimaires après 2003, mises en place par la coalition dirigée par les États-Unis.
- Ministre de la Planification dans le gouvernement fédéral issu des premières élections multipartites en 2005.
- Vice-Premier ministre sous Nouri al-Maliki, puis président de la République d’Irak de 2018 à 2022.
- Chef du gouvernement de la région autonome du Kurdistan à différentes étapes de sa carrière.
Ces fonctions lui ont donné une connaissance approfondie des enjeux institutionnels, sécuritaires et humanitaires de la région.
Compétences et profil : pourquoi il est choisi
Saleh est perçu comme un homme politique modéré, capable de dialogue entre factions. Ses atouts pour le HCR :
- Expérience diplomatique et connaissance des mécanismes internationaux et régionaux.
- Crédibilité politique au sein des autorités kurdes et fédérales, utile pour négocier l’accès humanitaire.
- Connaissance des crises de déplacement au Proche-Orient, domaines où il a directement travaillé.
Ces éléments expliquent en partie son profil adapté à la conduite d’une agence confrontée à des contraintes financières et opérationnelles.
Défis immédiats du HCR sous sa direction
Le HCR fait face à des tensions et à une pression croissante :
- Augmentation des déplacements : le nombre de personnes déplacées a quasiment doublé en dix ans.
- Baisse du financement : les contributions internationales se réduisent, affectant les opérations.
- Réduction des effectifs : l’agence a supprimé plus d’un quart de son personnel (près de 5 000 postes) cette année.
Saleh devra prioriser l’allocation des ressources, renforcer les partenariats régionaux et plaider pour un financement durable.
Stratégies possibles et axes d’action
Pour répondre efficacement, plusieurs leviers sont envisageables :
- Renforcement du plaidoyer politique auprès des donateurs traditionnels et émergents pour restaurer les financements.
- Optimisation opérationnelle : rationaliser les missions, investir dans la prévention et la résilience locale.
- Partenariats renforcés avec ONG locales, autorités nationales et acteurs privés pour multiplier les capacités d’accueil et d’intégration.
- Focus sur la protection : garantir l’accès aux droits essentiels pour les réfugiés et déplacés internes (santé, éducation, sécurité).
Perspectives et enjeux pour l’avenir
La nomination de Barham Saleh ouvre plusieurs pistes pour le HCR : rétablir la confiance des bailleurs, mieux coordonner l’aide dans des contextes complexes et promouvoir des solutions durables (réintégration, relocalisation, inclusion socio-économique). Exemples concrets à suivre :
- Programmes pilotes d’intégration économique dans des pays d’accueil touchés par des flux massifs.
- Accords régionaux pour faciliter la protection transfrontalière et l’accès humanitaire.
- Campagnes de mobilisation médiatique et politique pour sensibiliser les opinions publiques et les gouvernements.
Avec son expérience politique et régionale, Saleh devra conjuguer diplomatie et pragmatisme pour stabiliser l’agence et améliorer la situation de millions de personnes déplacées.
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Félicitations à Barham Saleh pour sa nomination au HCR ! Son expérience sera précieuse pour faire face aux défis des réfugiés.