
Départ inattendu d’un commandant clé
L’amiral Alvin Holsey, responsable de la campagne américaine de frappes navales dans les Caraïbes et le Pacifique, a quitté son poste le 12 décembre après moins d’un an à la tête des forces déployées en Amérique centrale et du Sud. Son rôle couvrait la supervision de près de 10 000 soldats et la coordination des opérations aériennes et navales menées contre des embarcations suspectées de narcotrafic. Son départ, annoncé lors d’une cérémonie d’adieu, n’a pas été expliqué publiquement par l’intéressé ni par sa hiérarchie.
Raisons possibles et tensions internes
Selon plusieurs médias américains s’appuyant sur des sources anonymes, Holsey aurait exprimé des inquiétudes quant à la mission et à l’emploi de la force contre des présumés trafiquants. Des désaccords auraient émergé entre l’amiral et le ministre de la Défense, Pete Hegseth, autour de la légalité et des modalités des frappes. Exemples concrets évoqués :
- contestations internes sur les règles d’engagement ;
- doutes sur la preuve liant certaines embarcations aux cartels ;
- pression politique pour intensifier les opérations malgré les controverses.
Une campagne militaire très engagée
Les États-Unis ont déployé d’importants moyens dans la région, notamment onze navires dont le porte-avions Gerald Ford. La campagne, présentée par Washington comme une lutte contre le « narcoterrorisme », a visé plus d’une vingtaine d’embarcations et a été associée à des frappes aériennes et navales coordonnées. Exemples d’actions et de conséquences :
- frappes répétées sur des bateaux au large du Venezuela ;
- utilisation de capacités aéronavales avancées pour traquer des cargaisons suspectes ;
- mises en oeuvre de forces spéciales et d’unités de surveillance maritime.
Questionnements juridiques et droits humains
Des experts et des organismes internationaux ont remis en cause la légalité de certaines opérations, pointant l’absence de preuves publiques liant systématiquement les embarcations visées à des groupes criminels organisés. L’ONU a signalé des « indices solides » d’exécutions extrajudiciaires pour certains raids. Un cas particulièrement polémique concerne une opération de septembre où la deuxième salve aurait éliminé les deux survivants d’un bateau déjà touché, suscitant des critiques sur l’usage disproportionné de la force.
Réactions politiques et accusations internationales
Le Venezuela dénonce les frappes comme un prétexte pour imposer un changement de régime et conteste toute implication dans le narcotrafic. Caracas qualifie certaines actions américaines de « piraterie », notamment la saisie d’un pétrolier que Washington affirme transporter du pétrole vénézuélien et iranien vers Cuba. Ces tensions alimentent une escalade diplomatique et des accusations croisées :
- Caracas : dénonciation d’ingérence et affirmation d’innocence ;
- Washington : défense d’une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants ;
- observateurs internationaux : appel à enquêtes indépendantes sur les opérations contestées.
Succession et enjeux futurs
Le lieutenant-général de l’armée de l’air Evan Pettus succède à Alvin Holsey. Le changement de commandement intervient alors que la campagne suscite à la fois des critiques juridiques et une forte attention géopolitique. Points clefs à suivre :
- éventuelles révisions des règles d’engagement pour réduire les risques d’abus ;
- enquêtes internationales ou internes sur les incidents mortels ;
- impact sur les relations États-Unis–Venezuela et sur la stabilité régionale.
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