Bénin : Les Démocrates en crise, conseil national décisif

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Contexte électoral et fracture interne

À la veille de la présidentielle programmée le 12 avril 2026, le paysage politique béninois est marqué par une double tension : l’exclusion par la Commission électorale nationale autonome (CENA) du candidat principal des Démocrates pour dossier irrecevable, et une crise de leadership qui a fragilisé la formation. Ces éléments expliquent pourquoi le parti, principal pôle d’opposition, s’est retrouvé confronté à des défections vers la majorité, provoquant une recomposition rapide de ses instances et une bataille juridique pour trancher des querelles internes.

Rassemblement extraordinaire à Cotonou

Le conseil national extraordinaire réuni le 4 avril à Cotonou avait pour objectif immédiat de stabiliser le parti : remplacer les démissionnaires, remobiliser les militants et rappeler les positions adoptées antérieurement. Par son caractère solennel, cette réunion visait à envoyer un message clair aux sympathisants et aux observateurs : le parti entend rester une force structurée malgré les départs et les procédures judiciaires en cours.

Consignes de vote clarifiées pour le scrutin

Les Démocrates ont précisé leur ligne avant le jour du vote : ils invitent leurs adhérents à ne soutenir aucun des deux duos en lice — le ticket lié à Romuald Wadagni (majorité sortante) et celui lié à Paul Hounkpè (opposition). Cette directive s’accompagne toutefois d’une mise au point : il ne s’agit pas d’un appel au boycott. Points clés retenus lors du conseil :

  • Ne pas apporter de soutien explicite aux deux duos en compétition.
  • Ne pas appeler au boycott : aucune instance du parti n’a officialisé une telle démarche.
  • Surveiller le déroulement du scrutin et signaler toute irrégularité aux autorités compétentes.
  • Maintenir la mobilisation locale via comités de base pour préserver l’identité du parti.

Sanctions et remplacements : une ligne ferme

Pour préserver la discipline et la cohérence des décisions du 22 mars, le parti a entériné la suspension de plusieurs membres jugés démissionnaires après leur ralliement au camp du pouvoir. Exemples précis cités par la direction : Chabi Yayi (lié à la famille de l’ancien président Boni Yayi), Éric Houndété (figure de premier plan du parti) et Guy Mitokpè (porte‑parole), qui ont rejoint le candidat de la majorité. Le conseil a prévu des mécanismes de remplacement : désignation intérimaire, consultation des sections locales et relance des listes militantes pour assurer la continuité opérationnelle.

Revendiications reprises et vigilance sur les programmes

Les dirigeants se félicitent d’apercevoir dans certaines professions de foi des thèmes qui figurent au cœur de leurs revendications : libertés individuelles, protection sociale, état de droit. Exemples concrets : propositions de réformes juridiques évoquées par des candidats, engagements sur des mesures sociales reprises mot pour mot. Le parti se déclare toutefois vigilant quant à la mise en œuvre effective de ces promesses et indique qu’il suivra avec attention les textes et plans d’action soumis après le scrutin.

Enjeux pour la démocratie béninoise et perspectives immédiates

La situation expose des enjeux majeurs pour la stabilité et la légitimité du processus électoral au Bénin : fragmentation de l’opposition, recours judiciaires internes et externes, risques d’affaiblissement du débat public. Scénarios possibles : renforcement du parti après une clarification interne, poursuite des départs et recomposition politique, ou basculement vers une contestation plus large si des irrégularités sont constatées. Pour les observateurs et les militants, l’impératif est clair : documenter les procédures, rester actifs sur le terrain et exiger que les engagements annoncés se traduisent par des actes concrets après le 12 avril.


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