
Un partenariat militaire inédit entre Benghazi et Islamabad
Fin décembre 2025, un accord militaire majeur a été signé à Benghazi entre le vice‑commandant de l’Armée nationale libyenne, Saddam Haftar, et le chef d’état‑major pakistanais, le maréchal Asim Munir. Cet accord, dont la portée dépasse le simple échange diplomatique, engage des livraisons d’équipements et des transferts technologiques destinés aux forces de l’est et du sud de la Libye. L’annonce publique a relancé les inquiétudes sur la stabilité d’un pays encore fragilisé par une décennie de conflit.
Ce que prévoit le contrat : chiffres et matériels
Le contrat, évalué à environ 4,6 milliards de dollars, détaille des livraisons importantes sur 30 mois. Parmi les éléments annoncés figurent :
- 16 avions de combat JF‑Thunder (quatrième génération, co‑développés avec la Chine) ;
- 12 avions d’entraînement Super Mushak pour la formation des pilotes ;
- Des systèmes d’armement pour les forces terrestres, navales et aériennes (armements légers, systèmes d’appui feu et équipements logistiques).
Ces acquisitions couvriraient l’ensemble du spectre opérationnel, depuis l’entraînement jusqu’aux missions de combat, et pourraient inclure des transferts de technologies et de maintenance.
Un défi aux embargos et aux efforts internationaux
L’accord intervient malgré l’embargo des Nations Unies sur les livraisons d’armes à la Libye instauré en 2011. Sa mise en œuvre risque de compliquer les tentatives internationales visant à limiter les ingérences étrangères et à empêcher une nouvelle militarisation des factions libyennes. Exemple concret : l’arrivée de chasseurs modernes changerait rapidement l’équilibre des forces aériennes sur le terrain et rendrait plus difficile toute médiation diplomatique.
Pourquoi le camp de l’est multiplie ses partenaires
Le choix du clan de l’est de diversifier ses fournisseurs s’explique par plusieurs raisons stratégiques :
- Autonomie militaire : réduire la dépendance vis‑à‑vis d’alliés traditionnels ;
- Capacité de dissuasion : acquérir des moyens susceptibles de contrer des forces rivales ;
- Rentabilité politique : afficher une force accrue pour peser lors des négociations internes.
En pratique, l’arrivée de nouveaux matériels sert aussi d’outil d’influence politique interne et régionale — par exemple, le déploiement d’avions d’attaque pourrait soutenir des offensives locales et modifier les rapports de force.
Le Pakistan sur la scène nord‑africaine : enjeux et motivations
Pour Islamabad, cet accord représente l’un des plus importants contrats militaires de son histoire et marque son entrée affichée sur le marché des armes en Afrique du Nord. Les motivations possibles incluent :
- Intérêts économiques : vente d’armements et contrats de maintenance ;
- Rayonnement stratégique : extension de l’influence militaire pakistanaise à de nouvelles régions ;
- Partenariats technologiques : valorisation de plateformes co‑développées (ex. lien Chine‑Pakistan).
Concrètement, Islamabad rejoint le cercle d’acteurs déjà présents en Libye (Turquie, Russie, Émirats) et pourrait proposer des solutions de formation, logistique et appui technique en complément des livraisons matérielles.
Conséquences possibles pour la stabilité régionale
L’impact de cet accord sur la stabilité libyenne et régionale peut être multiple :
- Escalade militaire : modernisation des capacités et risque d’intensification des affrontements ;
- Complexification diplomatique : moins de marge pour les médiations onusiennes et régionales ;
- Course aux alliances : autres acteurs externes pourraient accélérer leurs propres livraisons ou soutiens.
Exemple précis : l’introduction de chasseurs modernes pourrait déclencher des contre‑achats ou des déploiements aériens concurrents par d’autres soutiens externes, rendant plus probable une nouvelle phase de confrontation armée plutôt qu’un apaisement négocié.
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