
Une affaire de financement sous haute surveillance
Cinq personnes ont été mises en examen dans une enquête antiterroriste portant sur des soupçons de transferts de fonds vers une organisation proche du Hamas. L’affaire, révélée par le Parquet national antiterroriste, illustre la manière dont les circuits financiers associatifs peuvent être scrutés lorsqu’ils croisent des soupçons de soutien à une organisation classée terroriste. Au cœur du dossier figurent des collectes de dons menées en France, des mouvements d’argent à l’étranger et une coopération étroite entre services français et américains.
Les premiers éléments de l’enquête
Les personnes concernées avaient d’abord été placées en garde à vue par la DGSI le 29 septembre, avant l’ouverture d’une information judiciaire. Celle-ci vise notamment le financement d’entreprise terroriste, l’abus de confiance en bande organisée et le blanchiment lié à une activité terroriste. Les enquêteurs cherchent à déterminer si des dons publics et privés, initialement présentés comme humanitaires, ont ensuite été redirigés vers les brigades Al-Qassam, branche armée du Hamas.
- 5 personnes mises en examen
- DGSI en charge des investigations
- Enquête ouverte pour financement terroriste et blanchiment
- Soupçons de détournement de dons associatifs
Deux associations humanitaires au centre des soupçons
Parmi les mis en cause figurent deux responsables d’associations humanitaires basées en France : Faouzi Barika, dirigeant de l’association « Baraka », et Amel Oualid, à la tête de « Ensemble C mieux ». Selon les éléments évoqués dans le dossier, ces structures auraient collecté des fonds destinés à l’aide humanitaire, avant qu’une partie de l’argent ne soit transférée vers un intermédiaire lié au Hamas. Les intéressés contestent ces accusations par l’intermédiaire de leurs avocats, qui affirment que les collectes visaient uniquement des objectifs de solidarité.
Des flux financiers suivis sur plusieurs années
Les fonds en cause auraient circulé entre 2020 et 2026, avec une intensification après les attaques du 7 octobre. Selon les informations rapportées par le correspondant à Washington, Vincent Souriau, les versements auraient concerné un membre du réseau lié aux brigades Al-Qassam. Cette chronologie laisse penser à un système organisé dans la durée, capable d’utiliser des circuits légaux ou semi-légaux pour masquer l’origine et la destination des sommes. Les autorités américaines évoquent même des millions de dollars transférés via des structures se présentant comme humanitaires.
- Transferts sur une période de plusieurs années
- Montée des flux après le 7 octobre
- Usage supposé de structures à vocation humanitaire
- Montants estimés à plusieurs millions de dollars
Une coopération internationale contre les circuits clandestins
Cette affaire s’inscrit dans une opération coordonnée à l’échelle internationale. Aux États-Unis, le FBI et l’OFAC, l’office de contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor, ont travaillé en parallèle des services français. L’objectif est de démanteler des réseaux capables d’exploiter la générosité du public pour financer indirectement une organisation armée. Le recours à la cryptomonnaie rendrait les opérations plus difficiles à tracer, en facilitant des transferts rapides et transfrontaliers.
Les suites judiciaires et les enjeux de l’affaire
Le parquet antiterroriste a demandé la détention provisoire des deux présidents d’associations concernés. L’un d’eux a été incarcéré provisoirement dans l’attente d’un débat contradictoire différé, tandis que la défense dénonce une mesure injustifiée. Au-delà du cas individuel, l’enquête soulève une question plus large : comment distinguer un vrai dispositif humanitaire d’un mécanisme de financement dissimulé ? Dans un contexte de tensions internationales, les autorités veulent empêcher que des circuits caritatifs servent de couverture à des transferts destinés à une organisation armée.
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